(Du 29 Juillet au 07 Août 2014)
En altitude, il n’y a pas que l’air qui manque. Même l’inspiration a du mal à pointer son nez. Et puis on est encore en vacances nous aussi, alors on a besoin d’un peu de repos. D’ailleurs, ce doit être pour ça qu’on a rejoint la côte, afin que, nous aussi, on vous montre que le littoral est beau par ici.
Même si Vina del Mar est le Saint Tropez du Chili, ici rien n’est comparable avec la Méditerranée : les vagues rappellent les Landes, quant à la température de l’eau, elle pourrait faire passer le Tarn pour des thermes muy caliente.
Mais avant la côte, il y a eu Santiago. Les capitales Sud-Américaines nous plaisent définitivement. Il se dégage quelque chose de très fort à Santiago, oh bien moins fort que nos sous-vêtements tout de même, mais on s’y sent bien. Imaginez des tags un peu partout, mélangez à du spectacle de rue, assaisonnez avec du Pisco Sour et remuez le tout avec du bon vin chilien, vous obtiendrez Bellavista. Mais le problème c’est qu’à cinquante ans, après une soirée arrosée, la vessie ne tient pas pareille qu’à vingt ans. Et Greg le sait d’avance, il ne tiendra pas jusqu’à l’hôtel. Ivre et se sentant bien dans cette ville qu’il ne connait pas, il se met à uriner sur un mur. Slip baissé, il veut sentir le vent sur son séant pour lui rappeler le goût de la liberté qu’il connait aujourd’hui. Mais cette vague rêverie s’arrêtera bien vite : une voiture de policia, gyrophares allumés, vient de s’arrêter à son niveau. La question du jour est donc : que s’est-il passé pour Greg ?
A : Il a remis son pantalon plus vite qu’un cul-de-jatte mais malheureusement pour son slip, il n’a pas pissé plus vite que son ombre.
B : Il s’est fait embarqué, pour se faire relâcher quinze minutes plus tard, car aucune compréhension n’était possible, même à l’aide d’un traducteur.
C : Il a négocié la clémence des officiers contre deux Toblerones et un cours de danse, mains dans les poches, chemise ouverte.*
L’excessive Santiago se termine et nous prenons notre premier bus chilien en direction de la côte pour retrouver nos amis, depuis peu devenus complètement « Concon ». Philippe et Martine, c’est une union parfaite. Pas besoin de les connaître depuis des années pour le dire, une semaine suffit car en tant qu’épicurien, je résume la perfection comme ceci : les plats de Philippe et les desserts de Martine pendant cinq jours. Tout ça accompagné d’un Pisco Sour avant, d’un bon vin pendant et d’un excellent rhum après, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes prises quelques jours avant, dans la capitale. J’ai souvent cherché l’équilibre de l’union de mes parents et je l’ai souvent trouvé : mon père boit, ma mère fume ; mon père boit, ma mère conduit ; mon père boit, ma mère ronfle, alors mon père boit encore plus.
C’est donc chez ces hôtes en or que nous découvrirons les deux villes principales de la côte, la Belle et la Bête : Vina del Mar la Haute et Valparaiso la populaire. Si Valparaiso était un personnage, elle serait Elephant Man, intrigante et fascinante, sa partie interne est belle mais son aspect général, rude et pauvre, peut s’avérer effrayant.
Outre Valpo, c’est toute sa région que Philippe nous a fait visiter. D’abord le port de Quintay (ancien port baleinier) où nous avons dégusté nos premiers poissons fraîchement pêchés en bord de mer. Puis nous avons contemplé la bêtise de l’homme qui est capable de construire une piscine d’un kilomètre de long face à la mer (piscine la plus grande du monde). D’ailleurs c’est en barque qu’on s’y déplace. A quand l’activité « plongée sous-marine » avec une vraie faune faite de poissons en carton ?
Philippe c’est aussi le genre de gars qui te sert son meilleur rhum quand « tu novia » vient de rater son avion (et que les vacances ensemble sont compromises). C’est lui aussi, le lendemain, qui fera une heure de route afin d’aller chercher la bien-aimée qui a enfin eu son vol. Seulement voilà, la bien-aimée, un mois que tu l’attends et tu ne la reconnais pas : plus de bouclettes. Et puis elle arrive en vraie aventurière. Je ne vous parle pas de la façon dont elle s’habille désormais, mais faute d’avoir perdu son sac, ça fait maintenant 3 jours qu’elle porte la même culotte et pour moi, ça c’est de l’aventure. A côté, le trek de quatre jours qui nous attend à Cuzco c’est d’la rigolade !
C’est donc à cinq que nous allons continuer ce voyage, on profitera encore de l’hospitalité de Philippe et Martine quelques jours afin que Fantine puisse récupérer son bagage et goûter le Pisco Sour local.
Maintenant il nous faut reprendre la route, même si on ne se lasse pas des couchers de soleil qui sont de plus en plus fabuleux au fur et à mesure que les jours passent. Mais le Chili, c’est grand et pas très large (et là je me retiens de toute comparaison !!), nous n’en avons vu que la moité. On remercie nos hôtes (10 sur 10) puis nous filons vers La Serena où nous ne traînons pas longtemps. Greg commence à faire la gueule par manque de Pisco Sour ou de surplus de Littoral, je ne sais plus trop. On visitera le port de Coquimbo avec son église horrible et ses bateaux fantômes, pour finir avec un énième coucher de soleil du littoral, magnifique, embelli par des vols de pélicans.
Le lendemain, départ de La Serena (jolie ville) dans un bus « odeur urine », direction San Pedro de Atacama. Quinze heures de bus dans une odeur de pisse insupportable. Fantine, étant proche des toilettes, jouera les dames pipi tout le long du trajet. Mais arrivés à destination, on oublie tout, changement de décor.
Mais ça c’est une autre histoire.
Message personnels :
Bonne chance à mes collègues pour la reprise du boulot ou pour sa recherche. Bises à tous.
Encore un grand merci à Philippe et Martine pour leur hospitalité.
Nous souhaitons un joyeux anniversaire à notre Kiki, ainsi qu’à Mathis. Gros bisous à vous deux.
Bravo à Fredo qui malgré un abandon au bout de 127 kms et 27 heures de course a fait une performance remarquable qui augure d’autres belles et grandes courses.
Jordan.