CINQ MILLE HABITANTS ET MOAÏ ET MOAÏ ET MOAÏ…

(Du 12 au 15 Septembre 2014) 

Après avoir failli rater notre avion à Lima et après une escale à Santiago, il est 21 heures lorsque nous débarquons dans le petit aéroport de la petite et unique ville de la petite île de Pâques : Rapa Nui. A notre arrivée un petit bonhomme nous tend un collier de petites fleurs et nous invite à prendre place dans son gros pick-up pour nous conduire à notre location.

Le lendemain, c’est sous le soleil que nous découvrirons la magie des lieux, notre cabanas est idéalement située, à seulement une quinzaine de minutes du centre de Rapa Nui et du pas de notre porte, nous avons une vue splendide sur le Pacifique. Seul petit bémol : la connexion internet ; un seul modem pour tous les habitants de l’île, si vous voulez avoir une chance d’accéder à la page d’accueil de « GOOGLE », il faudra vous connecter entre 3 h et 4 h du matin et si vous voulez accédez à un article, entre 5 h et 6 h mais le lendemain matin.

Nous laissons donc les enfants dormir et partons découvrir la ville de Rapa Nui avec Agnès. Après l’avoir arpenté d’est en ouest et du nord au sud (enfin au bout d’un quart heure), force est de constater que nous ne serons pas soumis à la tentation par les quelques commerces de cette charmante bourgade. Ici point d’Ikea, de Décathlon ou autre Leroy Merlin, ici un seul magasin réunit toutes ses enseignes : « MOAÏ MARKET » qui ne vend uniquement que des productions locales, c’est à dire pratiquement rien, hormis des reproductions de Moaïs et quelques denrées alimentaires de première nécessité, notamment de la bière et des cigarettes.

Deuxième constatation, après avoir bien regardé un peu partout, pas une poule ou un lapin, pas même une cloche ou un oeuf, seulement des Moaïs, des Moaïs et même pas en chocolat. Bon j’imagine que tout a dû fondre à cause de la chaleur ou bien peut être parce que nous sommes au mois de Septembre et que Pâques c’est au mois de mars ou Avril ou alors, le nom de cette île est une usurpation.

Le lendemain, pour faire le tour de l’île, nous décidons de louer un véhicule, plusieurs formules s’offrent à nous et nous optons évidemment pour la plus économique. Une location à la journée avec kilométrages limités (forcément, vue la grandeur de l’île) qui nous permettra de voir tranquillement tous les sites importants de l’île et où nous aurons la chance de voir des Moaïs assis, couchés, à genoux, en vélo, à skis, j’en passe et des pires et, en plus, de profiter de l’après-midi à la plage. Nous nous renseignons auprès de « MOAÏCAR », mais notre propriétaire connait le fils d’une amie, de la cousine de sa femme qui peut nous louer son 4X4 pour pas cher. Après ếtre tombés d’accord sur le prix, nous prenons possesion de notre véhicule et nous partons direction le premier site « payant » de l’île. Arrivée au guichet, un charmant fonctionnaire nous apprend que le

billet ne s’achète qu’à l’aéroport, de l’autre coté de l’île. Soit, demi tour direction l’aéroport à 15 kms et où nous pourrons acheter le fameuse carte « PASS MOAÏ » qui vaut une fortune. Après avoir visité les principaux sites de Moaïs de l’île, direction la plage mais laquelle? Et bien la seule et unique « MOAÏ PLAGE »

C’est en observant un Moaï allongé sur le sable que tout à coup une question me vient à l’esprit : un Moaï, c’est féminin ou masculin. Point de réponse à ma question sur internet ou dans l’encyclopédia Universalis en 15 volumes que j’avais emmené dans mes bagages pour parfaire mes connaissances et pour que Jordan fasse sa musculation (Agnès adore s’abreuver de mon savoir en regardant les muscles saillants de son fils)

Il va donc falloir que je fasse appel à ma super capacité d’analyse personnelle : alors qui comme les Moaïs peut passer des journées à rester sur une plage au soleil, à se faire les ongles et en lisant le dernier « Closer ». 

Réfléchissons ensemble : Jordan ou Margot, je vous laisse réfléchir encore une seconde. Réponse : Margot ; on dit donc une Moaï et pas un Moaï.

Et oui sur la plage, Jordan lit « l’équipe » en buvant de la bière puis récite l’alphabet en rotant avant de courir dans les vagues en éclaboussant les touristes car il a une terrible envie de pisser.

Dernière soirée sur l’île de Pâques, Agnès me demande ce qui pourrait me faire plaisir pour mon anniversaire et ce que l’on pourrait offrir à Margot. C’est là que me vient, encore une nouvelle fois, une idée lumineuse ; Faire un cadeau commun pour nous deux « Un billet d’avion pour la France pour Margot donc un mois de vacances pour moi ».

Le lendemain, dernière randonnée afin de profiter pleinement de notre carte « PASS MOAÏ », nous grimpons sur l’un des points hauts de l’île, pour admirer le cratère d’un ancien volcan ainsi que les habitations des premiers iliens. Après une observation et une analyse des lieux, il me semble que les premiers habitants n’avaient pas la télé car je n’ai vu aucune parabole sur le toit de leurs habitations.

C’est lors de notre retour de rando que Jordan nous dit qu’il veut pour son noël, lui aussi rentrer en France durant notre séjour en Chine car il a peur que le régime communiste ne l’oblige à partager Fantine avec tous ses camarades.

Je ne comprends pas sa réaction et lui demande de bien vouloir demander à Fantine ce qu’elle en pense avant de prendre une décision.

Suite à cette altercation, je ferais la gueule pendant une semaine à Mooréa mais ça c’est une autre histoire.

Messages personnels :

Une pensée aux proches d’Alex qui vient de nous quitter.

Nous souhaitons un bon anniversaire à Arnaud, notre neveu.

Joyeux anniversaire également à Maxime (Qui finit l’amerique du Sud) et à Francois

Bon anniversaire à Tom, le beau St Martinois.

Félicitation à Sandra qui vient de terminer son premier marathon.

Greg.

IL ETAIT UNE FOIS…3 MOIS

(du 12 juin au 13 septembre 2014)

Autant nous avons pu être séduit par Buenos-aires et Santiago, autant Lima nous paraît fade et terne, enveloppée constamment dans un voile grisâtre mais c’est pourtant ici que nous passerons les trois derniers jours sur le continent sud-américain avant de nous envoler vers d’autres cieux.

L’heure est donc au bilan et je vais vous parler avec plus ou moins de sincérité de ces trois premiers mois de voyage, de nos coups de coeur, de nos coups au coeur, de nos joies et de nos doutes.

L’article précédent, ayant été un peu long, je vais essayer cette fois d’être BREF !

Jeudi 12 juin : Aéroport d’Orly,19 H ; C’est sous les larmes de nos proches et le sourire de Camille que nous partons. Nous avançons d’un pas léger mais la gorge nouée et le coeur serré, en sachant que nous laissons derrière nous une grosse partie de nous mêmes et que l’aventure, même si elle semble belle, risque d’être compliquée et que le pari est loin d’être gagné.

Vendredi 15 septembre : Aéroport de Santiago, c’est tous les 4, avec le souvenir de nos proches et du sourire de Camille que nous nous apprêtons à quitter définitivement le continent sud américain.

Entre ces deux dates, trois mois d’émerveillements, de rencontres, de rires et de pleurs, d’engueulades et de retrouvailles, enfin trois mois de vie de famille mais à l’autre bout du monde.

Je vais donc m’essayer à un exercice de style que je ne maîtrise pas encore très bien : le résumé historistique où l’histoire drôle !

Bref ! Allons-y !!

Arrivée au Brésil à SAO PAULO, mais c’est pas beau alors direction le paradis à PARATY puis on est reparati à RIO et où on n’a pas oublié de monter là-haut , une fois, deux fois et à la troisième fois on est enfin arrivé au « Corcovado », Caïriphina à Copacabana. Jordan oublie ses baskets dans la favela qu’il retrouvera dans sa barbe en Bolivie. La world cup, les filles, les travestis. bref ! la folie. Départ vers le PANTANAL, la jungle, les caïmans , les toucans, Jonathan et Jordan qui retournent au buffet à volonté une fois, deux fois puis trois fois avant d’aller se baigner dans les eaux limpides de BONITO et d’aller ensuite admirer celles tumultueuses de FOZ DO IGUACU.

Passage de la frontière ARGENTINE à PUERTO IGUACU d’où nous prendrons un bus qui nous conduira dans la capitale BUENO AIRES. Curage d’oreilles pour Jordan et shopping pour Margot, l’Allemagne élimine la France, Agnès ses poils, tango à la Cathédrale et visite de la Boca… sous la pluie. Départ pour PUERTO MADRYN pour aller admirer les baleines, rencontre avec Vincent le charmant propriétaire d’une des auberges de jeunesse locale et de nos deux petites adorables petites sirènes cleptomanes Clémentine et Chloé que nous reverrons par la suite une deuxième fois au Chili et une troisième fois au Pérou. Cap à l’est vers BARILOCHE avec au programme, dégustation de chocolats et de bières locales, randonnées mais pas de tango cette fois mais du ski à la station « Cerro Catédral ». Il ne fait pas assez froid, on n’a pas acheté des doudounes à 300 balles pour rien alors direction le sud de la Patagonie d’abord à EL CALAFATE où nous admirerons le bleu cristal du glacier « Périto Moréno » et le bleu du gâteau pourri de « Marco Polo » puis le Fitz Roy à EL CHALTEN et question température on va en avoir pour notre argent.

Mais pas autant qu’au CHILI où après une traversée épique de frontière dans la benne d’un Pick-up, nous ferons la rencontre de « Tommy » à PUERTO NATALES qui nous emmènera dans son refuge du parc « Torres Del Paine » où les températures avoisineront les – 20° et où je ne devrais ma survie qu’à l’absorbtion massive de Toblerone. PUNTA ARENAS et le détroit de Magellan sera la destination la plus australe de notre voyage en Amsud avant la remontée vers SANTIAGO DU CHILI puis VALPARAISO où nous serons accueillis par un couple de réfugiés français, Martine et Philippe, des enseignants charmants qui, à la vue de nos corps amaigris et décharnés par 2 mois de voyage, vont joindre leurs talents de cuisiniers et d’oenologues pour nous requinquer et nous repartirons finalement avec 55 Kgs supplémentaires, enfin bref ! nous repartirons avec Fantine qui nous a rejoint. Après un bref passage à LA SERENA, nous nous attaquerons au dessert ou plutôt au désert chilien de SAN PEDRO DE ATACAMA où nous retrouverons nos 2 ch’ties préférées qui nous avoueront leur forfait et nous restituerons finalement notre pot de Nutella « vide » qu’elles nous avaient dérobé en Argentine.

Après une nouveau passage de frontière (Bolivie) en pick up, mais cette fois à l’intérieur et sous une température avoisinant les 20°, nous traverserons le merveilleux « SALAR DE UYUNI » et ici, notre aventure ne manquera pas de sel avec l’arrivée de notre flamant « rose ». Nous ne nous attarderons pas à UYUNI et prendrons la route direction POTOSI, ville qui nous permettra de mieux comprendre la révolte des mineurs dans « Germinal  » qui eux, n’avaient pas de Coca à mâcher mais du houblon à boire, deux plantes dont les vertus sont diamétralement opposées ; la première vous isole en vous abrutissant et vous permet donc d’oublier vos conditions de travail et la seconde permet de vous réunir autour d’une chope, de discuter de vos conditions de travail avec vos camarades et ensuite de vous révolter. Suite à mes observations, Le MEDEF a, d’ailleurs, suggéré au gouvernement français de généraliser l’usage de la Coca et d’ interdire la bière. Après le sel du Salar, un peu de repos et de douceur à SUCRE. Nous poserons ensuite nos valises sur la plage de COPACABANA, ville située à près de 4000 mètres d’altitude sur la rive ouest du lac Titicaca, avant d’aller passer 2 jours sur l’ISLA DEL SOL où il a fait quel temps ? et bien soleil naturellement !

Nous arriverons au Pérou après seulement trois petite heures de bus, à PUNO plus précisément, point de départ d’une excursion vers les Islas Flottantes où si vous voulez retrouver la terre ferme, vous devrez adopter une truite ou acheter des objets de fabrication artisanale. J’ai d’ailleurs trouvé, pour toi mon ami Camille, un puzzle péruvien en écailles, arêtes et têtes de truites de 10.000 pièces représentant le Machu Pichu en 3D et qui, je pense, une fois monté, devrait trouver une place de choix dans la salle à manger familiale, Fantine te ramène ton cadeau, dès son retour du Pérou car mes fringues commencent à puer le poisson (Ne t’inquiètes pas Farida, l’odeur s’estompe assez rapidement… 2 à 3 mois selon le vendeur). Bon, c’est pas tout ça mais il est temps de repartir vers AREQUIPA, le canyon de Colca où planent dans le ciel azur de gros pigeons* (*condor en espagnol) et où Fantine connaîtra ses premières douleurs (Non, elle n’est pas enceinte, elle a juste eu des ampoules pendant sa première randonnée) et où Margot remontra plus vite le canyon qu’elle ne l’a descendu (Non elle n’était pas en pleine forme mais elle était malade et est remontée sur une mule). Nous voilà maintenant en route vers CUZCO mais le dernier article de Jordan vous a décrit magnifiquement notre aventure vers le Machu Pichu et je ne vois rien à y rajouter.

Bref ! On a kiffé l’Amérique du Sud

Quelques chiffres :

Pendant ces trois premiers mois, je ne me suis lavé qu’une fois, deux fois, non trois fois ! Margot a fait la gueule une fois, deux fois non pleins de fois (rassurez-vous moi aussi) !

Agnés s’est épilée une fois, deux fois mais pas trois fois et Jordan ne s’est rasé aucune fois.

Mais l’amérique du sud c’est surtout :

– 27.160 kms parcourus en 247 heures de bus, 18 heures de Jeep, 6 h d’avion, 4 h de bateau, voiture, taxi et moto-taxi

– Une trentaine d’hébergements différents

Allez je vous laisse car nous allons rater notre avion pour l’île de Pâques où nous partons dans quelques minutes mais çà c’est une autre histoire.

Messages personnels:

A MIA , ma colocataire sino-québéquoise, avec qui j’ai eu le plaisir de partager ma tente durant le treck du salkantay. Quel sourire, quelle gentillesse, quelle force, j’espère de tout coeur que nos chemins se recroiseront un jour durant nos tours du monde respectifs et bien sûr j’ai une pensée pour tous les autres membres des « SEXY LAMAS » et des « SEXY ALPAGAS » avec qui nous avons partagé ces 5 jours de treck et notamment nos deux compatriotes Charlotte et Mélanie.

Une nouvelle étoile dans le ciel, que je manquerais pas de voir à l’autre bout du monde. Eugénie, Charly je vous embrasse. Je pense à vous

Bon courage aux Saint Martinois qui viennent de traverser un cyclone.

Greg

MACHU CREVE

(Du 28 Août au 06 Septembre 2014)

Nous voila arrivés à Cuzco, terre promise. Comme je m’y attendais on trouve de l’or ici :  une carte de bière digne de ce nom (Duvel, Chouffe, Chimay). Il ne m’en faut pas plus pour apprécier cette ville. Nous reverrons une de fois de plus Chloé et Clémentine, accompagnées de leur amies, Justine et Fanny. Bonne soirée où vous serez étonnés de voir qu’entouré de quatre ch’tis (5 avec mon père) j’étais le seul à prendre une bière … Et puis le lendemain, lors de la découverte de la ville et alors que nous admirions la cathédrale, une bagarre éclate entre deux vendeurs à la sauvette. Il s’agissait d’un vol de coloriages. C’est violent et personne ne bouge. Nous décidons d’intervenir. Nous nous mettons naturellement torse nu, il y a du public, tout le monde crie d’admiration pour ses deux européens au courage sans précédent, les femmes impressionnées nous jettent leurs sous-vêtements afin de nous motiver. Les culottes péruviennes, aux couleurs vives et à l’odeur de lama, pleuvent sur nous. Dans un éclair de lucidité, Greg retire son dentier, avant de se jeter dans la mêlée, la foule se met à crier, de peur cette fois ci. Tout le monde se disperse. et c’est bien dommage, personne n’est là pour voir nos muscles saillants, et nos corps suants lorsque débute la lutte. Nous arriverons à venir à bout de ces deux acharnés, une victoire de plus pour « los Hombres Pacificadores ».

Puis en bonne famille conquistador, nous poursuivons notre chemin et partons à l’aventure pour trouver une agence pour se rendre au Machu Picchu, un vrai défi ! Les prix sont très variables pour les treks mais nous ne trouvons pas l’option Pisco Sour qui nous convient. C’est finalement Esmeralda qui nous accueillera dans son agence, son anglais bancal nous charme tout de suite, surtout Greg qui insiste pour qu’on le laisse seul négocier et améliorer son anglais. Ne pliant pas à ces caprices, nous optons tous ensembles pour deux forfaits différents, avec un prix en commun :

Pour Agnès et Margot, ce sera repos à l’hôtel, Starbuck, Mac Donald, shopping et autre massage à la bouse de lama (très bon pour la peau) puis direction le Machu Picchu, 4 jours après (bus + train) où les attendra une nuit à l’hôtel d’Agua Calientes et forcément le 5 ème jour la visite du sanctuaire avec nous. Pour Fantine, Greg et moi c’est une autre histoire ; Départ le lendemain matin à 3 h pour le trek du Salkantay, nom du sommet perché a 6300 m que nous verrons de près. 4 jours de marche, All Inclusive, nuits en tente tous les soirs et dernier jour à l’hôtel avec les filles. N’étant pas avec Margot et Agnès pendant ce temps, voici le récit du trek. Un premier bilan était à prévoir. Un forfait bien plus cher que prévu pour les filles. Eh oui, quand on laisse fifille avec sa maman, avec la carte de papa, on se retrouve endetté de l’Eldorado. Reste plus qu’à le retrouver pour combler le vide. Voila un résumé :

 

JOUR 1 :  Petit problème lambda.

De Mollepata (2677m) à Soraypampa (3900m) : 18KM – 1230 de D+

Nous voila partit et les premières galères commencent. Le plus gros de nos affaires sera porté par les mules, 5 kilos max par personne donc 15 kg pour nous 3 dans un grand sac. On avait bien compté nos affaires, mais pas les sleeping bag ; 2.1 kg chacun ! On réussit à en rentrer deux dans le sac de 15 kg. Il nous en reste un, que l’on doit porter à la main pendant quatre jours. Trouvant ça contraignant, nous jouerons à la courte-paille pour savoir qui dormira sans duvet. Perdu pour Greg qui commence à grogner, se plaignant que lui, n’a pas sa femme pour le réchauffer, nous lui rétorquons qu’il lui reste ses deux mains. Mauvais perdant il décide de prendre son sac de couchage tout de même. S’en suit un petit tour de présentation des guides, cuistots et trekkeurs. Brésiliens, Australiens, Anglais, Américains, Hollandais, Polonais, Canadien et Français, un beau melting pot. Viens l’heure du deuxième problème : Et merde, on va devoir parler anglais. Nous avons aussi le droit à un beau nom d’équipe qui nous collera jusqu’au dernier jour : « Les Sexy Lamas « . Et nous voila partis pour ce premier jour ; au programme : 8 heures de marche. Petit dénivelé qui sera vite avale, comme le succulent plat du midi. Nous voila repartis et nous apercevons notre premier sommet (Umantay, perché à 5400m). A la base se trouve notre campement. Nous arrivons, tous les trois dans les premiers, espérant trouver la meilleure chambre. Nous déchanterons bien vite quand nous apercevrons le fameux camp composé de tentes Quechua de 1992, une table et deux bancs, le tout protégé par une bâche. Mais peu importe, après une journée pareille que ce soit un hôtel de luxe ou un camp de réfugiés, nous étions sûrs de bien dormir.

 

Jour 2 : SALKANTAY NOUS VOILA :

De Soraypampa (3900m) à  Chaullay (2800m), entre les deux le Highest point (4630m). 20KM – 900m de D+ et 1740 de D-

Finalement le réveil, avec un maté de Coca servit dans la tente, aura été plus agréable que cette première nuit. Pas de souci pour Greg, la nuit fut douce. La veille, autour d’un pop-corn en guise de quatre heures il s’était trouvé une co-locatente, canadienne prénommée Mia. Le sommeil s’annonce bien de mon côté, entendre mon père raconte sa vie à Mia promettait d’être le meilleur des somnifères. Mais ce fût terrible ; Fantine rêvant de la journée qu’elle avait passée, marcha allongée pendant 8 heures. Prenant ses genoux dans les côtes, je réussis à garder mon calme jusqu’à 3 h du marin où elle décida d’utiliser mon bâton dans la tente… Mais tant bien que mal, nous repartirons pour cette deuxième journée qui s’annonçait la plus dure. 2 personnes manquaient à l’appel, préférant faire appel à Mule 58. Ces dernières mettent plus de temps à arriver qu’à Aréquipa mais sont plus rapides avec leurs 3 pattes à l’arrière. Prenant la direction du sommet, à 4200 m, je décide de prendre mes précautions en prenant un bonbon à la coca au goût infâme. Puis, afin de faire croire à ma pseudo générosité, j’en distribue à tout le monde, m’allégeant au passage.

Au fur et à mesure que le soleil grimpe, les couches se retirent. La montée est dure mais tout le monde est présent là-haut. Nous félicitons, tour à tour, tous les membres de notre groupe. La vue est splendide, les photos fusent et c’est bien normal. Nous redescendrons tranquillement, avec une pause pic-nic près d’une rivière où le repas fût anéanti lorsque Fantine, Mia et Mélanie retireront leurs chaussures. Plusieurs heures après, nous arriverons à notre second campement où la bière nous attend. Et ici c’est grand luxe ; Possibilité de prendre une douche mais afin de garder notre cohésion (et odeur) de groupe, nous préférons ne pas nous laver. On a, depuis, tous perdu notre odorat. Puis nos moniteurs nous laisserons un temps libre, où chacun choisira son activité ; séance de yoga dirige par Fantine d’un côté, compétition de football internationale entre guides et trekkeurs pour moi. Chacun trouve son bonheur, même Greg qui vague dans le campement, passant aux yeux de tous, pour un vieux sage. Le dîner, bien nourrissant, clôturera cette belle journée. Lendemain levée à 6 h, direction, Santa Thérésa.

 

Jour 3 : MAUVAISE BLAGUE.

De Chaullay (2800m) à Santa Théresa (1800m) : 18KM – 290 D+ et 1000 D- puis 13KM chargé comme des mules.

3 jours que nous nous connaissons et nous avons déjà tous pris nos petites habitudes : Pisco et feuilles de coca, le soir en digestif. Et eau chaude à la coca dans la tente, le matin. Aujourd’hui 20 km nous attendent avec à la clé, des sources thermales ou nous comptons faire notre toilette collective. Les lumières sur la montagne sont mystiques ce matin là, mais pas le temps de s’arrêter car nous voila dans la jungle désormais et avec les moustiques, les pauses sont fatales. Nous reconnaissons tout de suite ceux qui prennent plus de photos, et qui donc s’arrêtent plus que les autres : Alison et Sam ont les jambes bien bouffées. La pause déjeuner se fait dans le premier village que nous croisons depuis 3 jours. Nos guides attendent que nous ayons fini notre repas pour nous annoncer la bonne nouvelle. Pour faire durer le suspense, on attend Fantine et Vanisha qui n’arrivent pas à finir leur repas végétarien à base de fiante de condor, qui semble plutôt dur à la mastication. Après que chacun est enfin repris des protéines à sa façon, nous apprenons que le bus qui devait nous emmener jusqu’au prochain campement, ne viendra pas. La raison en qq mots que j’ai compris : élection – problème – barrage – mort hier – voiture = jeter pierres dangereux. Deux solutions nous sont alors proposées ; Attendre ici en attendant que les transports puissent arriver ou partir tout de suite pour arriver avant la nuit au campement, en sachant que les mules ne seront plus là pour porter nos affaires. 5 minutes plus tard, la décision est prise :  nous allons faire les mules nous même et nous porterons tentes, duvets, tapis de sols et bien sur nos sacs a dos de 5 kilos chacun. Nous répartirons les charges en fonction des conditions de chacun. 13 km et 3 h plus tard nous arrivons à l’ultime campement, exténués par cette marche. Nous rendons hommage à nos cuistots qui ont porté une charge dépassant les 40 kilos. Impressionnant ! Tout le monde se rue vers le bar, une bonne soirée se prépare.

 

JOUR 4 : ET LA PLUIE ARRIVA.

De Santa Théresa (1800m) à Aguas Calientes (2040m). 17 KM – Je vous laisse calculer le D+

Ce matin, le réveil fût plus dur que les autres, car la veille, pour remplacer l’activité, nettoyage collectif dans les thermes (annulé pour les mêmes soucis qui nous on fait marcher). Une activité descente de bière fût proposée. Oubliant vite notre hygiène, nous boirons sans soif, et la créativité de tous fût mise à profit ce soir-là : Piscorinha faite dans une boite de Pringles en guide de shaker. Et puis, ce matin, pas de maté pour nous réveiller, juste des pourboires à distribuer pour les cuisiniers qui le méritent amplement. Et nous voila repartis, 6 heures de marche nous attendent. La pluie vient s’ajouter à la ballade, les gueules sont de plus en plus tirées. Greg, en bon gentleman, propose naturellement de porter son sac, à une anglophone paraissant fatiguée. Au loin je vois alors que son anglais est encore bancal quand la demoiselle, au lieu de lui donner son sac a dos, grimpe sur son dos, mon père n’ose rien dire. Puis c’est au tour de Fantine d’aider Emilie, de l’autre groupe, qui n’en peut plus. Elle est allongée par terre, exténuée. Elle lui portera donc son sac à dos pendant un moment, puis je prendrais le relais jusqu’à la fin de la rando, qui sera tout de même dure pour elle, mais moins, étant plus allégée. Voila, nous apercevons les premiers vestiges du sanctuaire, mais au bout de 4 jours sans se laver, et n’attendant que cela,  nous ne voyons, ni plus ni moins, que de la vieille pierre couverte de mousse. Arrivés à Agua Calientes, nous nous dispersons dans différents hôtels. Mais pas de Margot ni d’Agnès pour nous accueillir, de toutes façons, on s’en moque, direction la douche. Et après quatre jours c’est un peu comme si vous vous redécouvriez, avec une certaine déception quand vous constatez que ce n’est pas du bronzage sur votre peau mais de la saleté.

 

JOUR 5 : MACHU PICCHU OU ES TU ? 490 de D+

La veille, nous avons remercié notre super guide, Nestor, qui a fait le boulot à la place de son chef dont je ne me rappelle plus le nom. Son sourire motivant nous manquera demain dans la montée. Dernière soirée pour les « sexys lamas »;  on profite des Happy’s hours Péruviens (4 pour 1). Mais nous ne traînons pas, nous devons nous lever le lendemain à 4 h du matin afin d’être les premiers là-haut. La quasi totalité du groupe décide de grimper les 2000 marches pour monter au Machu Picchu sauf Mélanie, qui a préféré traîner au bar à refaire le monde, avec Charlotte (Qui elle, montera à pied). Elle prendra donc  le bus le lendemain. Bus que Nenesse et Margot ont prendront aussi, épuisées par leurs 4 jours de shopping. Pour nous autres, c’est donc un départ sous des trombes d’eaux. Greg n’est plus le même homme, fini le vieux sage du trek, depuis qu’il a retrouvé sa femme, le voila redevenu compétiteur. Malheureusement pour lui, il n’arrivera que 2ème devant le Machu Picchu et sera inconsolable pour le reste de la journée. Nous arriverons avec Fantine en 4 et 5 ème position et les filles arriveront en bus dans la foulée. Notre récompense ; une pluie toujours battante, et un brouillard à faire passe la plus grosse des pollutions parisiennes, pour de la vapeur échappée d’un plat de pâtes. Nous jouerons donc à cache-cache avec Machu Picchu pendant 2 heures avant d’abandonner, et de se réchauffer autour d’un thé et d’une partie de cartes, Mia se joignant à nous. Nous parlerons québécois pendant une heure, et nous comprendrons tout !  Qui a dit que nous étions mauvais en langue. Nous décidons de reprendre la partie avec Machu, sauf Agnès et Margot qui repartent en bus mauvaise perdante. Nous commençons à perdre espoir et désespérés, nous engageons des incantions solaires en sacrifiant un bébé lama. Nous aurons droit à une mini éclaircie, le temps d’une photo touristique. Puis, agacés par la Brume, nous dévalons le dénivelé négatif qui nous sépare du village. Nous allons nous rattraper à la Boulangerie Parisienne. Quelques emplettes plus tard, nous reprendrons le train, puis le bus jusqu’à Cuzco. Le lendemain nous repartons, direction la capitale mais ça c’est une autre histoire.

Messages personnels :

Félicitations à Souad pour la naissance de Maher.

Bon anniversaire à notre neveu Phiphi, ainsi qu’à sa maman.

Bon anniversaire à Quentin et à mon Pierrot. La Bise

Bon anniversaire à Ju Mahieux.

Bon courage à notre nièce Sandra qui effectuera son 1 er marathon dans quelques jours.

Bon anniversaire à beau-papa ; J’espère que tu le vivras mieux que mon père. Ça fait une semaine qu’il fait la gueule..

Jordan.

Résumé du Trek pour mieux vous éclairer.