MACHU CREVE

(Du 28 Août au 06 Septembre 2014)

Nous voila arrivés à Cuzco, terre promise. Comme je m’y attendais on trouve de l’or ici :  une carte de bière digne de ce nom (Duvel, Chouffe, Chimay). Il ne m’en faut pas plus pour apprécier cette ville. Nous reverrons une de fois de plus Chloé et Clémentine, accompagnées de leur amies, Justine et Fanny. Bonne soirée où vous serez étonnés de voir qu’entouré de quatre ch’tis (5 avec mon père) j’étais le seul à prendre une bière … Et puis le lendemain, lors de la découverte de la ville et alors que nous admirions la cathédrale, une bagarre éclate entre deux vendeurs à la sauvette. Il s’agissait d’un vol de coloriages. C’est violent et personne ne bouge. Nous décidons d’intervenir. Nous nous mettons naturellement torse nu, il y a du public, tout le monde crie d’admiration pour ses deux européens au courage sans précédent, les femmes impressionnées nous jettent leurs sous-vêtements afin de nous motiver. Les culottes péruviennes, aux couleurs vives et à l’odeur de lama, pleuvent sur nous. Dans un éclair de lucidité, Greg retire son dentier, avant de se jeter dans la mêlée, la foule se met à crier, de peur cette fois ci. Tout le monde se disperse. et c’est bien dommage, personne n’est là pour voir nos muscles saillants, et nos corps suants lorsque débute la lutte. Nous arriverons à venir à bout de ces deux acharnés, une victoire de plus pour « los Hombres Pacificadores ».

Puis en bonne famille conquistador, nous poursuivons notre chemin et partons à l’aventure pour trouver une agence pour se rendre au Machu Picchu, un vrai défi ! Les prix sont très variables pour les treks mais nous ne trouvons pas l’option Pisco Sour qui nous convient. C’est finalement Esmeralda qui nous accueillera dans son agence, son anglais bancal nous charme tout de suite, surtout Greg qui insiste pour qu’on le laisse seul négocier et améliorer son anglais. Ne pliant pas à ces caprices, nous optons tous ensembles pour deux forfaits différents, avec un prix en commun :

Pour Agnès et Margot, ce sera repos à l’hôtel, Starbuck, Mac Donald, shopping et autre massage à la bouse de lama (très bon pour la peau) puis direction le Machu Picchu, 4 jours après (bus + train) où les attendra une nuit à l’hôtel d’Agua Calientes et forcément le 5 ème jour la visite du sanctuaire avec nous. Pour Fantine, Greg et moi c’est une autre histoire ; Départ le lendemain matin à 3 h pour le trek du Salkantay, nom du sommet perché a 6300 m que nous verrons de près. 4 jours de marche, All Inclusive, nuits en tente tous les soirs et dernier jour à l’hôtel avec les filles. N’étant pas avec Margot et Agnès pendant ce temps, voici le récit du trek. Un premier bilan était à prévoir. Un forfait bien plus cher que prévu pour les filles. Eh oui, quand on laisse fifille avec sa maman, avec la carte de papa, on se retrouve endetté de l’Eldorado. Reste plus qu’à le retrouver pour combler le vide. Voila un résumé :

 

JOUR 1 :  Petit problème lambda.

De Mollepata (2677m) à Soraypampa (3900m) : 18KM – 1230 de D+

Nous voila partit et les premières galères commencent. Le plus gros de nos affaires sera porté par les mules, 5 kilos max par personne donc 15 kg pour nous 3 dans un grand sac. On avait bien compté nos affaires, mais pas les sleeping bag ; 2.1 kg chacun ! On réussit à en rentrer deux dans le sac de 15 kg. Il nous en reste un, que l’on doit porter à la main pendant quatre jours. Trouvant ça contraignant, nous jouerons à la courte-paille pour savoir qui dormira sans duvet. Perdu pour Greg qui commence à grogner, se plaignant que lui, n’a pas sa femme pour le réchauffer, nous lui rétorquons qu’il lui reste ses deux mains. Mauvais perdant il décide de prendre son sac de couchage tout de même. S’en suit un petit tour de présentation des guides, cuistots et trekkeurs. Brésiliens, Australiens, Anglais, Américains, Hollandais, Polonais, Canadien et Français, un beau melting pot. Viens l’heure du deuxième problème : Et merde, on va devoir parler anglais. Nous avons aussi le droit à un beau nom d’équipe qui nous collera jusqu’au dernier jour : « Les Sexy Lamas « . Et nous voila partis pour ce premier jour ; au programme : 8 heures de marche. Petit dénivelé qui sera vite avale, comme le succulent plat du midi. Nous voila repartis et nous apercevons notre premier sommet (Umantay, perché à 5400m). A la base se trouve notre campement. Nous arrivons, tous les trois dans les premiers, espérant trouver la meilleure chambre. Nous déchanterons bien vite quand nous apercevrons le fameux camp composé de tentes Quechua de 1992, une table et deux bancs, le tout protégé par une bâche. Mais peu importe, après une journée pareille que ce soit un hôtel de luxe ou un camp de réfugiés, nous étions sûrs de bien dormir.

 

Jour 2 : SALKANTAY NOUS VOILA :

De Soraypampa (3900m) à  Chaullay (2800m), entre les deux le Highest point (4630m). 20KM – 900m de D+ et 1740 de D-

Finalement le réveil, avec un maté de Coca servit dans la tente, aura été plus agréable que cette première nuit. Pas de souci pour Greg, la nuit fut douce. La veille, autour d’un pop-corn en guise de quatre heures il s’était trouvé une co-locatente, canadienne prénommée Mia. Le sommeil s’annonce bien de mon côté, entendre mon père raconte sa vie à Mia promettait d’être le meilleur des somnifères. Mais ce fût terrible ; Fantine rêvant de la journée qu’elle avait passée, marcha allongée pendant 8 heures. Prenant ses genoux dans les côtes, je réussis à garder mon calme jusqu’à 3 h du marin où elle décida d’utiliser mon bâton dans la tente… Mais tant bien que mal, nous repartirons pour cette deuxième journée qui s’annonçait la plus dure. 2 personnes manquaient à l’appel, préférant faire appel à Mule 58. Ces dernières mettent plus de temps à arriver qu’à Aréquipa mais sont plus rapides avec leurs 3 pattes à l’arrière. Prenant la direction du sommet, à 4200 m, je décide de prendre mes précautions en prenant un bonbon à la coca au goût infâme. Puis, afin de faire croire à ma pseudo générosité, j’en distribue à tout le monde, m’allégeant au passage.

Au fur et à mesure que le soleil grimpe, les couches se retirent. La montée est dure mais tout le monde est présent là-haut. Nous félicitons, tour à tour, tous les membres de notre groupe. La vue est splendide, les photos fusent et c’est bien normal. Nous redescendrons tranquillement, avec une pause pic-nic près d’une rivière où le repas fût anéanti lorsque Fantine, Mia et Mélanie retireront leurs chaussures. Plusieurs heures après, nous arriverons à notre second campement où la bière nous attend. Et ici c’est grand luxe ; Possibilité de prendre une douche mais afin de garder notre cohésion (et odeur) de groupe, nous préférons ne pas nous laver. On a, depuis, tous perdu notre odorat. Puis nos moniteurs nous laisserons un temps libre, où chacun choisira son activité ; séance de yoga dirige par Fantine d’un côté, compétition de football internationale entre guides et trekkeurs pour moi. Chacun trouve son bonheur, même Greg qui vague dans le campement, passant aux yeux de tous, pour un vieux sage. Le dîner, bien nourrissant, clôturera cette belle journée. Lendemain levée à 6 h, direction, Santa Thérésa.

 

Jour 3 : MAUVAISE BLAGUE.

De Chaullay (2800m) à Santa Théresa (1800m) : 18KM – 290 D+ et 1000 D- puis 13KM chargé comme des mules.

3 jours que nous nous connaissons et nous avons déjà tous pris nos petites habitudes : Pisco et feuilles de coca, le soir en digestif. Et eau chaude à la coca dans la tente, le matin. Aujourd’hui 20 km nous attendent avec à la clé, des sources thermales ou nous comptons faire notre toilette collective. Les lumières sur la montagne sont mystiques ce matin là, mais pas le temps de s’arrêter car nous voila dans la jungle désormais et avec les moustiques, les pauses sont fatales. Nous reconnaissons tout de suite ceux qui prennent plus de photos, et qui donc s’arrêtent plus que les autres : Alison et Sam ont les jambes bien bouffées. La pause déjeuner se fait dans le premier village que nous croisons depuis 3 jours. Nos guides attendent que nous ayons fini notre repas pour nous annoncer la bonne nouvelle. Pour faire durer le suspense, on attend Fantine et Vanisha qui n’arrivent pas à finir leur repas végétarien à base de fiante de condor, qui semble plutôt dur à la mastication. Après que chacun est enfin repris des protéines à sa façon, nous apprenons que le bus qui devait nous emmener jusqu’au prochain campement, ne viendra pas. La raison en qq mots que j’ai compris : élection – problème – barrage – mort hier – voiture = jeter pierres dangereux. Deux solutions nous sont alors proposées ; Attendre ici en attendant que les transports puissent arriver ou partir tout de suite pour arriver avant la nuit au campement, en sachant que les mules ne seront plus là pour porter nos affaires. 5 minutes plus tard, la décision est prise :  nous allons faire les mules nous même et nous porterons tentes, duvets, tapis de sols et bien sur nos sacs a dos de 5 kilos chacun. Nous répartirons les charges en fonction des conditions de chacun. 13 km et 3 h plus tard nous arrivons à l’ultime campement, exténués par cette marche. Nous rendons hommage à nos cuistots qui ont porté une charge dépassant les 40 kilos. Impressionnant ! Tout le monde se rue vers le bar, une bonne soirée se prépare.

 

JOUR 4 : ET LA PLUIE ARRIVA.

De Santa Théresa (1800m) à Aguas Calientes (2040m). 17 KM – Je vous laisse calculer le D+

Ce matin, le réveil fût plus dur que les autres, car la veille, pour remplacer l’activité, nettoyage collectif dans les thermes (annulé pour les mêmes soucis qui nous on fait marcher). Une activité descente de bière fût proposée. Oubliant vite notre hygiène, nous boirons sans soif, et la créativité de tous fût mise à profit ce soir-là : Piscorinha faite dans une boite de Pringles en guide de shaker. Et puis, ce matin, pas de maté pour nous réveiller, juste des pourboires à distribuer pour les cuisiniers qui le méritent amplement. Et nous voila repartis, 6 heures de marche nous attendent. La pluie vient s’ajouter à la ballade, les gueules sont de plus en plus tirées. Greg, en bon gentleman, propose naturellement de porter son sac, à une anglophone paraissant fatiguée. Au loin je vois alors que son anglais est encore bancal quand la demoiselle, au lieu de lui donner son sac a dos, grimpe sur son dos, mon père n’ose rien dire. Puis c’est au tour de Fantine d’aider Emilie, de l’autre groupe, qui n’en peut plus. Elle est allongée par terre, exténuée. Elle lui portera donc son sac à dos pendant un moment, puis je prendrais le relais jusqu’à la fin de la rando, qui sera tout de même dure pour elle, mais moins, étant plus allégée. Voila, nous apercevons les premiers vestiges du sanctuaire, mais au bout de 4 jours sans se laver, et n’attendant que cela,  nous ne voyons, ni plus ni moins, que de la vieille pierre couverte de mousse. Arrivés à Agua Calientes, nous nous dispersons dans différents hôtels. Mais pas de Margot ni d’Agnès pour nous accueillir, de toutes façons, on s’en moque, direction la douche. Et après quatre jours c’est un peu comme si vous vous redécouvriez, avec une certaine déception quand vous constatez que ce n’est pas du bronzage sur votre peau mais de la saleté.

 

JOUR 5 : MACHU PICCHU OU ES TU ? 490 de D+

La veille, nous avons remercié notre super guide, Nestor, qui a fait le boulot à la place de son chef dont je ne me rappelle plus le nom. Son sourire motivant nous manquera demain dans la montée. Dernière soirée pour les « sexys lamas »;  on profite des Happy’s hours Péruviens (4 pour 1). Mais nous ne traînons pas, nous devons nous lever le lendemain à 4 h du matin afin d’être les premiers là-haut. La quasi totalité du groupe décide de grimper les 2000 marches pour monter au Machu Picchu sauf Mélanie, qui a préféré traîner au bar à refaire le monde, avec Charlotte (Qui elle, montera à pied). Elle prendra donc  le bus le lendemain. Bus que Nenesse et Margot ont prendront aussi, épuisées par leurs 4 jours de shopping. Pour nous autres, c’est donc un départ sous des trombes d’eaux. Greg n’est plus le même homme, fini le vieux sage du trek, depuis qu’il a retrouvé sa femme, le voila redevenu compétiteur. Malheureusement pour lui, il n’arrivera que 2ème devant le Machu Picchu et sera inconsolable pour le reste de la journée. Nous arriverons avec Fantine en 4 et 5 ème position et les filles arriveront en bus dans la foulée. Notre récompense ; une pluie toujours battante, et un brouillard à faire passe la plus grosse des pollutions parisiennes, pour de la vapeur échappée d’un plat de pâtes. Nous jouerons donc à cache-cache avec Machu Picchu pendant 2 heures avant d’abandonner, et de se réchauffer autour d’un thé et d’une partie de cartes, Mia se joignant à nous. Nous parlerons québécois pendant une heure, et nous comprendrons tout !  Qui a dit que nous étions mauvais en langue. Nous décidons de reprendre la partie avec Machu, sauf Agnès et Margot qui repartent en bus mauvaise perdante. Nous commençons à perdre espoir et désespérés, nous engageons des incantions solaires en sacrifiant un bébé lama. Nous aurons droit à une mini éclaircie, le temps d’une photo touristique. Puis, agacés par la Brume, nous dévalons le dénivelé négatif qui nous sépare du village. Nous allons nous rattraper à la Boulangerie Parisienne. Quelques emplettes plus tard, nous reprendrons le train, puis le bus jusqu’à Cuzco. Le lendemain nous repartons, direction la capitale mais ça c’est une autre histoire.

Messages personnels :

Félicitations à Souad pour la naissance de Maher.

Bon anniversaire à notre neveu Phiphi, ainsi qu’à sa maman.

Bon anniversaire à Quentin et à mon Pierrot. La Bise

Bon anniversaire à Ju Mahieux.

Bon courage à notre nièce Sandra qui effectuera son 1 er marathon dans quelques jours.

Bon anniversaire à beau-papa ; J’espère que tu le vivras mieux que mon père. Ça fait une semaine qu’il fait la gueule..

Jordan.

Résumé du Trek pour mieux vous éclairer.