JAVA ET TOI ?

Java (partie 1) : Voyage aux pays des millions de scooters et des millions de sourires.

(Du 26 novembre au 02 décembre 2014)

80 % de taux d’humidité et une progression difficile, bienvenue dans la jungle. Mais pas dans celle que vous croyez, avec animaux, lianes et fougères arborescentes, bienvenue dans la jungle urbaine de JAKARTA. Une jungle grouillante de 12 millions d’habitants où les seuls animaux que vous risquez de croiser sont des rats et des cafards. Ici, point d’odeur de vanille ou d’orchidée mais plutôt un mélange de gaz d’échappement, de poubelle et de cuisines de rue. Trottoirs et routes défoncées, bâtiments délabrés. Dans un canal qui traverse la ville, près de notre guest house, des femmes font leur lessive pendant que leurs enfants jouent dans l’eau et que quelques hommes pêchent, au milieu des déchets. Mais quel type de poissons peut bien vivre dans une eau aussi sale ? En tout cas, hors de question de manger celui qui est vendu dans les échoppes qui bordent le canal.

Les « Hellos mister! How are you ? Where are you from ? » fusent de tous côtés. Si Margot avait connu un succès réel en Amérique du Sud, ici c’est encore pire. Pas un homme qui ne se retourne sur son passage. Son retour en France tombe au meilleur des moments, je pense qu’elle aurait beaucoup de mal à s’adapter à l’Indonésie.

Allo ! Est-ce que tu me vois, dis, tu me vois ? Le choc va être terrible pour Fantine quand elle va retrouver son Jordan et sa barbe remplie de cinq mois de souvenirs de voyage. Pour leurs retrouvailles, ils ont réservé un hébergement avec piscine chez un Français de Jakarta et apparemment ils n’ont pas du tout l’intention de visiter la ville.

Après une première journée éprouvante, Margot préfèrera rester à l’hôtel. La charmante responsable de notre guest house nous conseille un resto et nous appelle un becak (du nom des pousses-pousses indonésiens) pour nous y conduire, qui finalement nous déposera au milieu de nulle part, en pleine nuit. Nous arriverons tant bien que mal à trouver le resto et à rentrer à l’hôtel, exténués. Le lendemain, visite de Kota (vieille ville) où nous assisterons à un spectacle de marionnettes indonésiennes, dirigé par des enfants. Les habitants sont merveilleux et nous sommes sollicités de toutes parts pour faire une photo avec eux. Nous retrouverons Jordan et Fantine pour une ultime visite de Jakarta et l’achat de nos billets pour Pangandaran. Le soir, direction l’aéroport pour le retour de Margot en France.

Après quatre heures de train en classe éco (un euro le billet tout de même), deux heures dans un bus pouvant contenir environ vingt passagers mais dans lequel nous étions une bonne cinquantaine (Jordan voyagera dehors sur le marche-pied) et deux courses mémorables de becak, nous arriverons enfin à Pangandaran (station balnéaire) où il règne un air de fête (des centaines de rosalies musicales décorées de guirlandes lumineuses sont prises d’assaut par les Indonésiens en week-end). Nous prendrons nos quartiers dans une charmante guest house « Panorama à la plage »où nous ferons la connaissance de « Din din » un guide indonésien polyglotte qui maîtrise remarquablement bien le français. Nous conviendrons avec lui d’un programme pour ces deux jours. Notre première journée sera un trek, effectué dans la moiteur de la jungle avec l’un de ses amis qui nous fera découvrir la fore et la faune locales (chauves-souris, porc-épics, écureuils volants, etc.), qui se conclura par une rafraîchissante baignade dans l’océan. 

Le soir nous dînerons dans un petit boui-boui de bord de plage sur les conseils de Hans, un ancien militaire néerlandais légèrement azimuté qui s’est installé à Pangandaran depuis deux ans. Au menu, Nasi Goreng (riz) ou Mi goreng (nouilles), deux plats qui nous acompagneront pendant presque tout notre séjour en Indonésie (matin, midi et soir).

Au cours de notre repas, un joueur de blues viendra nous aborder pour savoir si nous voulons assister à un mini concert privé qu’il donne en bord de plage. C’est combien ? entonne t-on d’une seule voix. Mais c’est juste gratuit, simplement pour le plaisir de jouer pour vous et pour quelques amis nous répond-il. La soirée est douce et nous prenons beaucoup de plaisir à écouter notre hôte d’un soir.

Le lendemain matin, c’est cours de scooter pour Jordan avant notre départ pour Green Valley et Green Canyon où Din Din, notre guide, va nous faire vivre une journée mémorable. Fantine quant à elle, n’est pas en grande forme. C’est certainement la prise du traitement anti-palu qui lui donne de la fièvre.

Après que Hans nous ait ramené Jordan qui s’était perdu pendant les essais de scooter dans les rues de Pangandaran, nous voilà partis direction Green Valley. Moi derrière Agnès et Fantine derrière Din Din. Jordan continuant seul son apprentissage de la conduite. Nous sommes salués à chaque traversée de village, par la majorité des habitants. « Boulet, boulet » crient les enfants à notre passage, du petit nom que donnent les Indonésiens aux touristes.

Au bout de deux heures et après avoir roulé principalement dans des chemins de traverse au milieu des rizières et des forêts, nous voilà enfin arrivés à destination. Nous posons nos scooters et suivons Din Din à travers la jungle pour arriver au dessus d’une splendide rivière. C’est parti pour du canyoning à l’indonésienne : sans gilet de sauvetage ni protection, nous nous lançons dans les eaux tumultueuses de la rivière.

Devant la puissance du courant, je me demande s’il n’aurait pas été plus prudent de garder nos casques de scooter. Un passage très dangereux nous obligera à effectuer une jonction pédestre. Pieds nus dans la jungle et couverts de boue, nous retrouverons notre

rivière au bout d’un quart d’heure. Après avoir exploré une grotte en nageant dans le noir total, nous reprendrons ensuite notre descente infernale pendant laquelle Agnès transgressera plusieurs fois la loi islamique en se retrouvant, bien malgré elle, avec son maillot de bain en bas des pieds.

De retour au village, Jordan est pris d’un terrible mal de ventre. Seul petit problème : des toilettes musulmanes sans papier, bien entendu, et avec simplement un petit bac d’eau saumâtre pour se nettoyer. Et soudain un appel de détresse : Jordan, en voulant pratiquer ses ablutions, a rippé sur les toilettes et n’arrive plus à s’extraire du petit bac dans lequel il a fini sa course. Les WC sont fermés de l’intérieur et c’est grâce à l’intervention de la moitié des hommes du village que nous réussirons à défoncer la porte et à extraire Jordan de son piège.

Il faudra ensuite un bon quart d’heure à Fantine et Agnès, qui par chance a retrouvé un paquet de lingettes au fond de son sac, pour procéder à un nettoyage en profondeur pendant que j’essaie désespérement de réparer la porte.

Après une appréciable pause déjeuner, nous reprenons la route en direction de Green Valley pour, pense-t-on, une petite balade digestive en bateau à travers des gorges. Nous embarquons dans une pirogue indonésienne qui remonte pendant quelques kilomètres une rivière qui serpente dans la jungle jusqu’à l’arrivée à des gorges grandioses et paradisiaques d’où dévalent des cascades. Le bateau ne pouvant s’enfoncer plus loin, Din Din nous explique que nous allons continuer à remonter les gorges mais à la nage. Les eaux tumultueuses de ce matin ne sont rien à côté de ce qui nous attend : c’est un torrent en crue dans lequel nous nous jetons cette fois-ci mais avec des gilets de sauvetage (heureusement, car je pense qu’autrement je n’aurais pas été là pour écrire cet article). Din din et un des bateliers nous envoie alors des cordes pour nous permettre de traverser sans être emportés par les flots. Après une bonne heure à remonter la rivière, il ne nous faudra que deux minutes pour la redescendre.

Voilà, après cette folle journée, il est l’heure de reprendre la route du retour. Jordan, qui désormais s’est familiarisé avec la conduite du scooter, peut désormais prendre Fantine derrière lui. La nuit commence à tomber et l’appel à la prière du muezzin retentissant alors que nous traversons la jungle donne à ce moment une atmosphère irréelle.

Une crevaison sur le chemin du retour nous permettra, encore une fois, de nous rendre compte de la solidarité indonésienne. Le lendemain, nous reprendrons le train vers Yogyakarta pour la suite de nos aventures indonésiennes mais ça c’est une autre histoire.

Dans ce pays où près de 90 % des habitants sont musulmans et où il règne une grande pauvreté, nous avons rencontré les gens les plus souriants et les plus gentils du monde. Ils n’ont rien mais sont prêts à tout vous donner. Si certains d’entre vous ont des a priori sur l’islam et les musulmans, venez un jour sur l’île aux sourires de Java vous rendre compte par vous-même. Vous risquez vraiment d’être agréablement surpris.

Messages personnels

Nous souhaitons un super joyeux anniversaire à notre Cam d’amour. Nous boirons un coup à ta santé au réveillon.

Bon anniversaire à Victor, qui vient de fêter ses 15 ans

Joyeux Noël à tous nos lecteurs et à leur famille. Pour l’occasion et en guise de cadeau, nous publierons demain un petit message ainsi qu’une compilation de vidéos des six premiers mois de notre tour du monde

Greg.

ET VIVA AUSTRALIA !

(Du 05 au 25 novembre 2014)

Hey guys,

Vous l’avez attendu (longtemps) et l’avez finalement eu en vers, s’il vous plait : l’article de Jordan inspiré par Fantine, sa muse de retour parmi nous. Elle remplace Margot depuis notre arrivée en Indonésie (même si tu es irremplaçable, ma chérie) ; Margot qui préfère décidément l’hiver car elle vient de rentrer en France.

Comme promis, me voilà de retour pour vous narrer la deuxième partie de notre odyssée australienne, entre Brisbane et Cairns, dans l’état du Queensland. Et avec moi, pas de vers (ou seulement à bière) mais de l’humour. Pas toujours du meilleur goût, je le conçois. Nous allons dorénavant essayer de reprendre notre rythme d’une publication tous les dix jours, si la connexion nous le permet bien entendu.

Alors, il parait qu’en France vous attendez les premiers flocons ? Qu’ Omar Sy est en prison et que Nabilla a illuminé les Champs Elysées ? Ou l’inverse, peut-être. Vous voyez : même à plus de 20 000 km de Paris, on se tient informé. Mais à vrai dire on s’en fout de tout ça, la seule et unique chose qui nous intéresse en France, c’est vous : amis, famille et collègues.

Comment allez-vous ? Qu’est-ce que vous mangez à Noël ? Qu’est ce que vous faites pour le Nouvel An ? 

« Pas de nouvelle, bonne nouvelle » est un adage, comment dirais-je ? …à la con.

Avant de venir en Australie, je m’imaginais voir des kangourous à tous les coins de rue et des koalas dans tous les arbres. D’ailleurs sur les cartes postales vendues ici, on les voit faire du surf ou du skateboard devant l’opéra de Sydney. Que nenni ! Hormis en captivité dans les zoos ou écrasés au bord de l’autoroute, point de marsupiaux adeptes des sports de glisse ou se délectant d’un jus d’eucalyptus dans un café près de l’opéra.

Donc, où en était Jordan ? Ah seulement là, lui aussi devait être pressé d’aller s’occuper de la petite, donc « DREAMWORLD » parc d’attraction de la Gold Coast dont il devait vous parler, c’est pour Bibi. Youpi ! Moi qui adore tellement les parcs d’attraction.

La journée s’annonce pourtant bien, nous ne sommes qu’une dizaine de touristes devant l’entrée. Bon, ils les ouvrent leurs portes ou quoi ? On ne va pas poireauter pendant une heure ! Eh bien peut-être, car si l’horloge du parc indique 8h00, nous venons juste de nous apercevoir qu’il y a une heure de décalage entre Sydney et Brisbane et que nous sommes donc arrivés avec une heure d’avance. 9h00 : ouverture des portes. Agnès, Jordan et Margot partent en courant et enfilent les manèges les uns après les autres. Je finis par les retrouver au bout de deux heures et ils réussissent, malgré moi, à me faire entrer dans un laser games en me faisant croire que c’est un magasin de guimauves. Rangers contre Zombies. Moi, Greg, armé d’un fusil mitrailleur, poursuivant des zombies. C’est un cauchemar, il faut que je me réveille, viiiiiiiite !!

Nous passerons ensuite l’après midi dans un aquaboulevard géant où nous effectuerons, entre autres, une descente infernale. Je vous explique : on vous installe debout dans une petite cabine, le sol se dérobe sous vos pieds et à peine cinq secondes plus tard, vous êtes arrivés en bas mais avec votre maillot de bain sur la tête. Allez, un dernier laser games et on rentre. Non, foutez-moi la paix avec vos zombies. On rentre, et tout de suite !

Le lendemain, passage chez Apollo à Brisbane afin d’effectuer quelques réglages sur le camping-car dont la pose d’un réservoir de toilette de 500 L et d’un filtre qui nous permettra, grâce à Agnès qui va aux toilettes sept fois par jour, d’être totalement autonomes en eau. Nous pourrons ainsi, après filtrage, faire la vaisselle et nous laver les dents (eh oui, écologie rime bien avec économie). Nous avons également pu procéder à l’extraction du poste de notre unique CD, un Best Of collector de Daniel Guichard qui contient un titre inédit : « Mon vieux, elle est bonne la bonne du curée » (duo explosif avec Annie Cordy et les choeurs de l’armée rouge, le tout remixée par DJ Abdel).

Au moment de reprendre la route direction Hervey Bay, grosse frayeur : je m’aperçois, avant de démarrer heureusement, qu’on nous a volé le volant du camping-car. Agnès se saisit de ma troisième bouteille de rhum et me fait gentiment remarquer que nous sommes en Australie et que je suis assis sur le siège passager. Ouf ! j’ai cru que j’étais bourré.

La route est interminable et les paysages le long de la « highway » assez monotones par rapport à ceux qui bordaient les bucoliques petites routes néo-zélandaises. Pour passer le temps et agrémenter notre voyage, nous avons donc inventé un jeu : « Stop Marsupiaux ! ». Le but est assez simple : on change de conducteur toute les heures et c’est celui qui écrase le plus de marsupiaux qui gagne. Un kangourou vaut 100 points, un wallaby 200 points, un koala 300 points et on obtient un bonus de 1000 points si l’animal transporte son bébé (mais non c’est une blague les enfants, ne pleurez pas, le bonus est seulement de 500 points).

Nous alternons jusqu’à maintenant deux nuits en camping sauvage avec une nuit en « BIG 4 » où parfois nous payons notre connexion internet plus cher que notre emplacement.

Très chères également en Australie, les cigarettes (15 € le paquet). Elles sont conservées sous coffre chez les commerçants. Agnès, ayant depuis longtemps épuisé son stock de cigarettes polynésiennes, s’est mise à boire. On lui a tout de même accordé deux paquets par semaine. La maligne a réussi à trouver des paquets de 40 et finit la semaine en ramassant quelques mégots.

Juste avant d’arriver à Hervey Bay (moi aussi je sais faire des rimes), nous ferons un arrêt à l’office de tourisme afin d’étudier les différentes options de visites de « FRAZER ISLAND », l’île de sable la plus grande au monde uniquement praticable en 4×4, sur laquelle nous aurons peut-être la chance de voir des dingos.

La première possibilité est de louer soi-même un véhicule tout terrain : Jordan ou moi, au volant d’un 4×4, sur une piste de sable. Mission impossible. Ou alors on risque de créer le plus gros bouchon de toute l’histoire de l’île…

Nous opterons donc tout de suite pour la deuxième solution : un bus 4×4 avec chauffeur tout juste aimable qui nous conduira aux différents points d’intérêt de l’île. Après une baignade dans un superbe lac aux eaux turquoises (40 minutes) et une promenade en forêt (30 minutes), nous passerons le reste de notre temps à être secoués dans le bus (4 heures). Un arrêt à la cantine (45 minutes) puis sur le site d’une épave de bateau (30 minutes), le bus nous emmènera ensuite nous baigner dans une rivière sans profondeur (45 minutes) et enfin, au pied d’une falaise ocre (15 minutes). Et franchement, hormis le lac, la croisière en bus ne nous amusera pas trop.

La saison est idéale, pas une goutte de pluie depuis notre départ et quasiment personne sur les plages et dans les rivières. Deux jours sur la côte afin que Margot puisse parfaire son bronzage et deux jours dans les terres pour qu’elle puisse travailler pendant que nous partons en randonnée dans les parcs nationaux. C’est à peu près notre rythme.

Pour la nourriture, elle varie selon les résultats de notre jeu « Stop Marsupiaux » : brochette de koalas, queue de kangourous ou civet de wallaby sont souvent au menu du jour. En prévision de notre future destination, l’Indonésie, où 90% des habitants sont musulmans, nous commençons également à diminuer notre consommation d’alcool qui n’était déjà pas bien élevée. Pour ma part, j’ai réussi à boire deux verres d’eau cul-sec, sans les recracher. Quant à Jordan, rien à faire. On est toujours obligé de couper l’eau avec de la bière sous peine de rejet immédiat.

Notre prochaine destination sera Airlie Beach d’où nous partirons pour une journée d’excursion aux « WHITESUNDAY » où nous espérons être moins déçus que pour « FRAZER ISLAND ». Après une traversée d’environ 1h30, débarquement sur une île d’où, après un petit quart d’heure de marche, nous atteignons un point de vue donnant sur une plage… de rêve. Une plage tellement belle qu’on pourrait la croire retouchée avec Photoshop.

Nous qui pensions qu’après cinq mois de voyage, nous commencerions peut-être à être blasés eh bien non, pas du tout. Chaque jour est différent du suivant et nous apporte son lot de surprises et de découvertes. Nous descendrons de notre promontoire pour rejoindre la plage où nous nous baignerons au milieu des raies avant de reprendre le bateau. Après avoir déjeuné, nous rejoindrons ensuite une crique où pendant près de deux heures nous irons avec masque et tuba explorer les fonds marins. Jordan aura la chance de croiser la route d’une tortue marine ou peut être est-ce l’inverse, c’est la tortue qui a eu la chance de croiser la route de Jordan car on a certainement plus de chance de croiser une tortue marine qu’un Jordan français dans les eaux du Pacifique.

Au fur et à mesure de notre remontée vers Cairns, les températures augmentent ce qui risque de provoquer bientôt l’apparition des « jellyfish »(méduses) dont certaines peuvent être mortelles. Pour pallier ce problème, certaines villes se sont dotées de lagons artificiels et d’autres ont installé des filets anti-méduse.

Aux alentours de Townsville, nous aurons la chance de trouver des coins de baignade splendides. La température et la clarté de l’eau nous font immédiatement penser à la Corse. Il commence à faire très, très chaud et ces pauses fraîcheur sont vraiment un pur bonheur.

 

Avant notre arrivée à Cairns, nous tenions avec Jordan à effectuer un dernier trek sur le point culminant du Queensland, 15 km et 1550 mètres de dénivelé positif avec une température avoisinant parfois les 35°C, le tout en moins de 5h30 alors que le Lonely prévoyait entre 10 et 12 heures de marche. On est finalement assez contents de nous.

Après une halte de deux jours à Cairns, nous décidons de remonter jusqu’à Cape Tribulation afin d’effectuer une sortie sur le Reef (la grande barrière de corail) mais devant les prestations proposées et les prix demandés, nous renoncerons finalement à cette dernière expédition, le budget ayant déjà été largement dépassé lors de notre escapade australienne. On se contentera donc de regarder la grande barrière par le hublot de l’avion qui nous ramènera à Sydney.

Voilà, au bout de huit semaines nous serons finalement assez contents de restituer notre camping-car et de prendre à nouveau les transports locaux. Nous demanderons et obtiendrons tout de même une petite réduction afin de compenser les tracas que nous avons réellement connus (panne de climatisation et de frigo). 

Notre escapade sur la côte est australienne entre Sydney et Cairns aura duré 32 jours et parcouru près de 5000 km, contre seulement deux heures de vol et quelques 1800 km pour le retour à Sydney. Et dire qu’au début, nous voulions faire le retour en camping-car…

Voilà, la boucle est bouclée. Encore un petit tour à Sydney histoire de s’imprégner une dernière fois de la civilisation occidentale avant d’aller découvrir l’Asie du Sud-Est mais ça, c’est une autre histoire que nous sommes actuellement en train d’écrire et que je vous raconterai d’ici quelques jours.

Messages personnels :

Une pensée pour mon grand frère qui aurait fêté ses 60 ans.

Nous souhaitons un joyeux anniversaire à ma Gegette, gros bisous et bonnes fêtes.

Félicitations à Josie et à sa fille, tu vas faire une sacrée grand-mère. Autre félicitation à ma belle-sœur Nouthella qui a eu son permis, je t’attends à Jakarta pour voir si tu sais conduire.

Greg.

APOLLO 14 : DESTINATION AUSTRALIE

(Du 22 octobre au 04 novembre 2014)

L’Australie marque le début de quelque chose de nouveau, surtout pour Margot. Le soleil, pensez-vous, eh bien non ! Il s’agit du CNED, autrement dit la scolarité à distance. Mais c’est un peu tout le monde qui participe à cette aventure, car les questions fusent :

– Dis Papa, c’est quoi l’armistice ? Ah c’est facile, c’est quand on s’engueule avec ta mère et que pour arranger les choses, je lui achète une place de Linda Lemay avec la personne de son choix (donc pas moi).

– Jordan, je comprends pas le seuil de rentabilité ? Bon, je te la fais simple. Quand j’organise une soirée, je demande à tout le monde d’amener à boire. Cette dernière est rentable quand le lendemain il me reste de quoi faire l’apéro.

Nous vous avons tellement habitués à notre prose que j’ai décidé pour ce nouvel article de l’écrire en vers. Je me dis que de toute façon, vu que l’on n’a plus que deux lecteurs, autant les divertir avec de la pseudo poésie. 

Cette arrivée à Sydney, 

Sera sans fouille exagérée.

Mais cela nous ne le savions,

Et avions pris nos précautions.

Pour pas tromper ces bons messieurs

M’étais mis nu et dans la queue.

Avions jeté pommes et bananes.

Afin d’être sur d’passer la douane.

Nous voici donc dans le grand Sydney.

Direction hôtel rue des Français.

C’est bien fini le bagne anglais.

Le pôle emploi s’est exilé.

De l’opéra à Manly plage,

La ville côtière de ses secrets partage.

Trois jours que nous visitons la ville, Greg insiste pour rester un jour de plus faire les magasins, mais Margot veut randonner (ou le contraire, je ne sais plus). Nous prenons donc la direction des Blue Mountains, à l’est de Sydney. Au programme : vallée magnifique et cascades spectaculaires. En poème et en couleur :

Bleu, note de couleur à l’aube venant.

Vert étonnant compose ses sentiers.

Orange sont les trois sœurs soleil tombant.

Noir se nomme le cœur de cette vallée.

Crème préservera notre beau bronzage.

Arc en ciel rythme toujours avec cascades.

Jaune, serait-ce serpent ou bien mirage ?

Lilas ne qualifie plus mes dessous de bras.

Six jours que nous sommes en terre australienne et nous n’avons pas un fait un kilomètre vers le nord. Alors nous fonçons avec notre véhicule à vive allure, le plein est fait, mais au bout de cent kilomètres, le plein est vide. Merde, le campervan c’était pas si économique que ça. En revanche pour les toilettes c’est l’inverse : ça se remplit beaucoup trop vite. Si seulement on pouvait utiliser l’urine d’Agnès comme carburant on aurait peut-être droit au prix Nobel de l’écologie.

Nous voilà donc de retour sur la côte, où nous nous arrêtons près de Newcastle pour notre premier Big 4 (chaîne de campings). Notre arrivée tardive nous servira de leçon pour les prochains campings : afin de profiter des supers installations (spa, piscine, etc.) et surtout, de prendre le temps de boire l’apéro, nous décidons d’arriver bien plus tôt.

 

Puis dans comme dans un mécanisme bien huilé (ou un épisode de Breaking Bad) chacun est à son poste, bien défini, quand arrive l’heure du check out : Gaz débranché – Grey Water vidée – Marche pied rentré. Nous fonctionnons comme une équipe en starting block. On attend avec impatience le G.P camping-car de Monaco.

Nous remontons la côte tranquillement direction Port Stephens, pour nous arrêter au Worimi Conservation Lands, juste un peu au sud de la ville. Nous avons l’impression tout d’un coup d’être dans le Sahara. Les dunes du Pyla ressemblent à un bac à sable à coté et nous, à des gamins de six ans dedans.

Leurs dunes de sable ont la peau douce.

Un calme imprègne ces lieux sans brousse

Caresses de grains sur nos jambes nues.

Bientôt la fin du silence dru.

Dingo et hommes foulent cette terre.

Le respect inonde cette place, mon frère.

Des éclats de rire, poussière aux yeux.

Le soleil brille, nous sommes heureux.

Nous traversons la ville de Port Stephens, capitale du dauphin, où nous nous arrêterons afin de connaître les prix pour voir nos amis à peau douce. Résultat : c’est hors de prix. Nous repartirons donc avec une boule dans la gorge et une boule de flipper, ça met longtemps à passer.

Nous allons finalement faire ce qui est dans nos moyens et visiter un hôpital de koalas. Au menu des marsupiaux malades, brûlés ou encore amputés. C’est sûr, c’est moins glamour que l’excursion dauphins mais là, c’est gratuit. Pourtant, nous sommes déçus de cette visite ou nous ne pouvons pas approcher les koalas.

Frustrés, nous prenons la direction d’une autre réserve, bien payante cette fois-ci. Et là, c’est autre chose : ils bougent !! Pas tellement vite certes, mais tout de même un peu. Puis nous pouvons les toucher et ils nous sentent. Ils apprécieront d’ailleurs beaucoup notre forte odeur. Le reste de la journée sera marqué par un nourrissage de kangourous et surtout par la première conversation entre Margot et un étranger du nom de Bruno. On a bien remarqué qu’ils avaient pleins de points communs même si leur conversation fut limitée par notre peu de temps sur place et surtout par le fait que Bruno soit un cacatoès dont les capacités se résument à dire hello et à bouger la tête.

Nous avons dès le début décidé que nous alternerions terre et mer, il est donc temps de replonger dans les terres. On profite d’une dernière plage, découverte dans la page d’un magasine. Le photographe était particulièrement bon : même si l’endroit est beau, il n’a rien à voir avec la photo qui nous avait décidés à y faire un tour. Et ça nous arrivera d’autres fois d’ailleurs, d’être trompés par de beaux clichés.

En arrivant à Bellingem, je me dis que ce petit village a tout pour plaire. Surtout qu’à notre arrivée, nous avons la joie d’être au cœur d’un festival célébrant la rivière. Les gens sont cools, les enfants s’amusent dans l’eau et nous avec, mais nous passerons tout de même vite notre chemin quand nous nous apercevrons que l’alcool y est interdit. Mon père a toujours été effrayé par les gens qui ne boivent pas. Nous revoilà donc sur le littoral. On a un peu écourté notre passage dans le bush intérieur car à part une cascade, les randonnées n’avaient que trop peu d’intérêt.

Un saut de puce plus tard (cinq heures de route), nous arrivons à des « blue pools » au sud de Yamba, dans lesquelles nous espérons pouvoir nous baigner sans peur des requins, méduses et j’en passe. Ce seront finalement des algues verdâtres qui nous arrêteront à cause de leur toxicité. Le problème c’est qu’il commence vraiment à faire chaud et que nous n’avons toujours pas trouvé un coin où nous baigner… Alors nous filons à la plage la plus proche au sud de Byron Bay, où nous avons du mal à poser nos serviettes. En effet, le terme « plage » est inadéquat pour qualifier cette toute petite bande de sable de quatorze kilomètres de long qui borde l’océan…

Coff Harbour un peu plus loin sera le dernier camping dans cet état, le lendemain nous quitterons la Nouvelle Galle du Sud. Nous avons déjà fait 800 km, il nous en reste un peu plus de 2000, jusqu’à Cairns mais ça c’est une autre histoire. Ah oui désolé pour le retard aussi, l’envie d’écrire m’est passée ou bien alors c’est le fait d’être malade ou peut-être bien l’Indonésie. Bref ça aussi, c’est une autre histoire.

Jordan.

Messages personnels :

Nous souhaitons un joyeux anniversaire à notre nièce adorée Audrey, ainsi qu’à Anthony.

Un super joyeux anniversaire à notre pepette d’amour !!

Félicitations à Amélie pour son code.