JAVA ET TOI ?

Java (partie 1) : Voyage aux pays des millions de scooters et des millions de sourires.

(Du 26 novembre au 02 décembre 2014)

80 % de taux d’humidité et une progression difficile, bienvenue dans la jungle. Mais pas dans celle que vous croyez, avec animaux, lianes et fougères arborescentes, bienvenue dans la jungle urbaine de JAKARTA. Une jungle grouillante de 12 millions d’habitants où les seuls animaux que vous risquez de croiser sont des rats et des cafards. Ici, point d’odeur de vanille ou d’orchidée mais plutôt un mélange de gaz d’échappement, de poubelle et de cuisines de rue. Trottoirs et routes défoncées, bâtiments délabrés. Dans un canal qui traverse la ville, près de notre guest house, des femmes font leur lessive pendant que leurs enfants jouent dans l’eau et que quelques hommes pêchent, au milieu des déchets. Mais quel type de poissons peut bien vivre dans une eau aussi sale ? En tout cas, hors de question de manger celui qui est vendu dans les échoppes qui bordent le canal.

Les « Hellos mister! How are you ? Where are you from ? » fusent de tous côtés. Si Margot avait connu un succès réel en Amérique du Sud, ici c’est encore pire. Pas un homme qui ne se retourne sur son passage. Son retour en France tombe au meilleur des moments, je pense qu’elle aurait beaucoup de mal à s’adapter à l’Indonésie.

Allo ! Est-ce que tu me vois, dis, tu me vois ? Le choc va être terrible pour Fantine quand elle va retrouver son Jordan et sa barbe remplie de cinq mois de souvenirs de voyage. Pour leurs retrouvailles, ils ont réservé un hébergement avec piscine chez un Français de Jakarta et apparemment ils n’ont pas du tout l’intention de visiter la ville.

Après une première journée éprouvante, Margot préfèrera rester à l’hôtel. La charmante responsable de notre guest house nous conseille un resto et nous appelle un becak (du nom des pousses-pousses indonésiens) pour nous y conduire, qui finalement nous déposera au milieu de nulle part, en pleine nuit. Nous arriverons tant bien que mal à trouver le resto et à rentrer à l’hôtel, exténués. Le lendemain, visite de Kota (vieille ville) où nous assisterons à un spectacle de marionnettes indonésiennes, dirigé par des enfants. Les habitants sont merveilleux et nous sommes sollicités de toutes parts pour faire une photo avec eux. Nous retrouverons Jordan et Fantine pour une ultime visite de Jakarta et l’achat de nos billets pour Pangandaran. Le soir, direction l’aéroport pour le retour de Margot en France.

Après quatre heures de train en classe éco (un euro le billet tout de même), deux heures dans un bus pouvant contenir environ vingt passagers mais dans lequel nous étions une bonne cinquantaine (Jordan voyagera dehors sur le marche-pied) et deux courses mémorables de becak, nous arriverons enfin à Pangandaran (station balnéaire) où il règne un air de fête (des centaines de rosalies musicales décorées de guirlandes lumineuses sont prises d’assaut par les Indonésiens en week-end). Nous prendrons nos quartiers dans une charmante guest house « Panorama à la plage »où nous ferons la connaissance de « Din din » un guide indonésien polyglotte qui maîtrise remarquablement bien le français. Nous conviendrons avec lui d’un programme pour ces deux jours. Notre première journée sera un trek, effectué dans la moiteur de la jungle avec l’un de ses amis qui nous fera découvrir la fore et la faune locales (chauves-souris, porc-épics, écureuils volants, etc.), qui se conclura par une rafraîchissante baignade dans l’océan. 

Le soir nous dînerons dans un petit boui-boui de bord de plage sur les conseils de Hans, un ancien militaire néerlandais légèrement azimuté qui s’est installé à Pangandaran depuis deux ans. Au menu, Nasi Goreng (riz) ou Mi goreng (nouilles), deux plats qui nous acompagneront pendant presque tout notre séjour en Indonésie (matin, midi et soir).

Au cours de notre repas, un joueur de blues viendra nous aborder pour savoir si nous voulons assister à un mini concert privé qu’il donne en bord de plage. C’est combien ? entonne t-on d’une seule voix. Mais c’est juste gratuit, simplement pour le plaisir de jouer pour vous et pour quelques amis nous répond-il. La soirée est douce et nous prenons beaucoup de plaisir à écouter notre hôte d’un soir.

Le lendemain matin, c’est cours de scooter pour Jordan avant notre départ pour Green Valley et Green Canyon où Din Din, notre guide, va nous faire vivre une journée mémorable. Fantine quant à elle, n’est pas en grande forme. C’est certainement la prise du traitement anti-palu qui lui donne de la fièvre.

Après que Hans nous ait ramené Jordan qui s’était perdu pendant les essais de scooter dans les rues de Pangandaran, nous voilà partis direction Green Valley. Moi derrière Agnès et Fantine derrière Din Din. Jordan continuant seul son apprentissage de la conduite. Nous sommes salués à chaque traversée de village, par la majorité des habitants. « Boulet, boulet » crient les enfants à notre passage, du petit nom que donnent les Indonésiens aux touristes.

Au bout de deux heures et après avoir roulé principalement dans des chemins de traverse au milieu des rizières et des forêts, nous voilà enfin arrivés à destination. Nous posons nos scooters et suivons Din Din à travers la jungle pour arriver au dessus d’une splendide rivière. C’est parti pour du canyoning à l’indonésienne : sans gilet de sauvetage ni protection, nous nous lançons dans les eaux tumultueuses de la rivière.

Devant la puissance du courant, je me demande s’il n’aurait pas été plus prudent de garder nos casques de scooter. Un passage très dangereux nous obligera à effectuer une jonction pédestre. Pieds nus dans la jungle et couverts de boue, nous retrouverons notre

rivière au bout d’un quart d’heure. Après avoir exploré une grotte en nageant dans le noir total, nous reprendrons ensuite notre descente infernale pendant laquelle Agnès transgressera plusieurs fois la loi islamique en se retrouvant, bien malgré elle, avec son maillot de bain en bas des pieds.

De retour au village, Jordan est pris d’un terrible mal de ventre. Seul petit problème : des toilettes musulmanes sans papier, bien entendu, et avec simplement un petit bac d’eau saumâtre pour se nettoyer. Et soudain un appel de détresse : Jordan, en voulant pratiquer ses ablutions, a rippé sur les toilettes et n’arrive plus à s’extraire du petit bac dans lequel il a fini sa course. Les WC sont fermés de l’intérieur et c’est grâce à l’intervention de la moitié des hommes du village que nous réussirons à défoncer la porte et à extraire Jordan de son piège.

Il faudra ensuite un bon quart d’heure à Fantine et Agnès, qui par chance a retrouvé un paquet de lingettes au fond de son sac, pour procéder à un nettoyage en profondeur pendant que j’essaie désespérement de réparer la porte.

Après une appréciable pause déjeuner, nous reprenons la route en direction de Green Valley pour, pense-t-on, une petite balade digestive en bateau à travers des gorges. Nous embarquons dans une pirogue indonésienne qui remonte pendant quelques kilomètres une rivière qui serpente dans la jungle jusqu’à l’arrivée à des gorges grandioses et paradisiaques d’où dévalent des cascades. Le bateau ne pouvant s’enfoncer plus loin, Din Din nous explique que nous allons continuer à remonter les gorges mais à la nage. Les eaux tumultueuses de ce matin ne sont rien à côté de ce qui nous attend : c’est un torrent en crue dans lequel nous nous jetons cette fois-ci mais avec des gilets de sauvetage (heureusement, car je pense qu’autrement je n’aurais pas été là pour écrire cet article). Din din et un des bateliers nous envoie alors des cordes pour nous permettre de traverser sans être emportés par les flots. Après une bonne heure à remonter la rivière, il ne nous faudra que deux minutes pour la redescendre.

Voilà, après cette folle journée, il est l’heure de reprendre la route du retour. Jordan, qui désormais s’est familiarisé avec la conduite du scooter, peut désormais prendre Fantine derrière lui. La nuit commence à tomber et l’appel à la prière du muezzin retentissant alors que nous traversons la jungle donne à ce moment une atmosphère irréelle.

Une crevaison sur le chemin du retour nous permettra, encore une fois, de nous rendre compte de la solidarité indonésienne. Le lendemain, nous reprendrons le train vers Yogyakarta pour la suite de nos aventures indonésiennes mais ça c’est une autre histoire.

Dans ce pays où près de 90 % des habitants sont musulmans et où il règne une grande pauvreté, nous avons rencontré les gens les plus souriants et les plus gentils du monde. Ils n’ont rien mais sont prêts à tout vous donner. Si certains d’entre vous ont des a priori sur l’islam et les musulmans, venez un jour sur l’île aux sourires de Java vous rendre compte par vous-même. Vous risquez vraiment d’être agréablement surpris.

Messages personnels

Nous souhaitons un super joyeux anniversaire à notre Cam d’amour. Nous boirons un coup à ta santé au réveillon.

Bon anniversaire à Victor, qui vient de fêter ses 15 ans

Joyeux Noël à tous nos lecteurs et à leur famille. Pour l’occasion et en guise de cadeau, nous publierons demain un petit message ainsi qu’une compilation de vidéos des six premiers mois de notre tour du monde

Greg.

15 réflexions sur “JAVA ET TOI ?

  1. Eh bien, que de changements, à tous niveaux !
    De voir autant de sourires, dans un pays aussi « pauvre », ça donne matière à réflexion effectivement.

    En tout cas ça fait super plaisir d’avoir de vos nouvelles, on vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’années et on vous embrasse!

  2. Bonne fête de fin d’année. Du moins, joyeux noel, parce que le jour de l’an se fera a vos côtés, et oui vous commencez un peu a me manquez, très belle article qui donne enfaite.. un peu envie! Gros bisous, je vous aimes

    • Merciiiii ma doudoune, on va réveillonner avec seulement 1/4 de notre tribu mais on se rattrapera au jour de l’an. A nous aussi tu nous manques et on est très heureux de te savoir de retour parmi nous. Gros bisous d’amour, ma chérie et joyeux Noël !! On t’aime très fort

  3. Un très joyeux Noël à vous tous, nul doute qu’il va être exceptionnel. Merci de nous faire partager vos aventures et de nous permettre de nous évader un peu du quotidien plutôt morose. Grosses bises, Agnès Delattre

    • Salut Agnès, je te souhaite à mon tour un joyeux noël et de bonnes fêtes de fin d’année. Nous nous apprêtons à aller réveillonner à Georgtown sur l’île de Penang en Malaisie. Après quelques jours passés sous la pluie, le temps s’est remit au beau et les températures frôlent les 30°. Dans quelques jours, départ pour la Thaîlande où nous rejoignent ma fille, son mari et notre petit fils. Gros bisous à la petite tribu et encore Joyeux noël

  4. Joyeuses Fêtes à tous en famille ! Nous pensons tous très fort à vous .Le récit de vos aventures est toujours aussi drôle ! nous les lisons en famille comme un bon livre avec de magnifiques illustrations.
    Pleins de pensées affectueuses et tous nos voeux de bonheur
    Corinne et Jean Paul

  5. Joyeuses fêtes de fin d’année !!!!
    gros bisous de sam qui n’a rien dit jusque là mais qui se régale de vos photos, vos récits, votre magnifique périple.

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