SPLENDEURS ET MISERES

(Du 17 avril au 30 Avril 2015)

Après avoir laissé partir, successivement, Fantine et Fredo, pour qui l’heure de la rentrée venait de sonner, puis Mia partit faire un treck de 18 jours autour des Annapurnas, nous revoilà de nouveau trois pour terminer notre voyage, qui nous conduira de l’Inde à l’Afrique du sud. 

Long, va être le voyage qui doit, dans un premier temps, nous conduire à Sonauli à la frontière Népalo-indienne puis à Varanasi en Inde. Il nous faudra d’abord 7 heures pour atteindre la frontière, dans un bus roulant à tombeau ouvert, toute sirène hurlante, sur les routes défoncées du Népal. Il est 21 heures, quand le bus nous dépose à quelques mètres du poste frontière Népalais, après avoir expédié les formalités de sortie du territoire et échangé nos dernières roupies népalaises contre des roupies indiennes dans un bureau de change éclairé à la bougie. Retour au bus où, après être passé sous un portique placé au milieu de nulle part, la douane indienne procédera à une fouille approximative de nos bagages.

La différence entre les 2 pays n’est presque pas perceptible, la pauvreté règne d’un coté comme de l’autre de la frontière, simplement nous sommes passés des routes en mauvaise état, coté Népalais, à un chemin de terre, côté Indien et la température est bien montée d’une quinzaine de degrés depuis notre départ de katmandhu.

Il est 6 heures du matin quand, après 8 heures de bus, nous arrivons enfin à Varanasi. A notre arrivée à l’hôtel, les chambres ne sont pas disponibles. Le gérant nous propose d’effectuer une ballade en barque sur le Gange afin d’admirer le lever du soleil et d’assister aux premières activités matinales, des habitants autour des différentes Ghats (portes) qui donnent sur le Gange. Nous n’avons dormi que quelques heures depuis notre départ de Katmandu mais il nous reste malgré tout quelques forces pour effectuer la visite.

Le lever de soleil, resplendissant, donne des couleurs chatoyantes aux temples, palais et demeures trônant le long du Gange. Toute une vie commence à s’activer de bon matin autour du fleuve sacré, ici des enfants, sautant et plongeant, là des femmes, lavant draps et saris, plus loin des hommes pratiquant leurs ablutions matinales.

Il est 8 heures quant nous rentrerons à l’hôtel et la température est encore montée de quelques degrés, nos chambres sont disponibles et nous nous empressons d’aller tester la qualité de nos matelas. Nous ne nous réveillerons qu’en fin d’après midi, il doit faire maintenant plus de 45° et cette température nous accompagnera, tout au long de notre séjour en Inde. 

Au programme des jours suivants, visite de la ville en auto-rickshaw, coucher de soleil, puis spectacle de nuit toujours au bord du Gange et pour finir, ballade dans les ruelles de la ville qui nous permettra d’avoir un contact plus direct avec la population indienne et ses vaches sacrées. La chaleur est suffocante et nous envions les indiens de pouvoir se rafraîchir dans le fleuve. L’espace d’un instant, nous envisageons, Jordan et moi, d’aller les rejoindre, un instant où passera dans le Gange, un buffle mort, des cendres de crémations des vieilles de la veille, les excréments et immondices de cette ville de plus d’un million d’habitants, et finalement, nous nous raviserons car on trouve qu’il ne fait pas assez chaud pour se baigner et on attendra de renter à l’hôtel pour prendre une bonne douche.

Varanasi, une des villes sacrées de l’Inde où il fait bon mourir car, ici s’arrête enfin le cycle infernal de la réincarnation. Les indiens, qui s’éteignent ici, peuvent enfin mourir en paix sans risquer de renaître à nouveau pauvre et je peux vous dire, qu’il y a masse de clients à la mort définitive et que toutes les nuits, les bûchers brûlent à plein foyer.

Il est maintenant temps de reprendre la route ou plutôt le rail, car c’est par le train que nous atteindrons notre prochaine destination AGRA, ce nom ne vous dit probablement rien mais si je vous parle du TAJ MAHAL, je pense que ça vous parlera un peu plus.

Mais avant d’aller visiter le MONUMENT, petit détour à Fathepur Sikri pour la visite d’une ville fortifiée. Le lendemain, lever à l’aube pour aller admirer le lever du soleil sur le TAJ MAHAL, le mausolée de toute beauté construit par l’empreur Shâh Jahân en mémoire de son épouse.

Elle devait être sacrément bonne la princesse, pour que l’empereur, son mari, lui fasse quatorze enfants et lui construise un tombeau d’un telle beauté. Question reconnaissance des enfants, c’est autre chose ; La petite dernière fera mourir sa mère lors de sa naissance et un autre ravira le trône de son père et l’enfermera dans une geôle du fort d’Agra d’où, il ne ressortira que les pieds devant. je vous le dis, Méfiez nous de nos gosses !!

Nous irons ensuite visiter le fameux fort, le premier d’une longue série. notre hébergement à Agra, est quelconque, comme la ville d’ailleurs et nous avons beaucoup de mal à trouver un restaurant servant une cuisine indienne respectable. C’est d’ailleurs à Agra, en mangeant des Sheeks Kebab qui ressemblaient plutôt à des merdes Kebab avec le goût mais sans l’odeur, qu’après Agnès et Jordan, je connus moi aussi, quelques problèmes gastriques qui, comme la chaleur, vont nous suivre pendant tout notre séjour en Inde. Eh oui, comme je vous l’avais dit lors de l’article précédent, l’Inde, ça fait vraiment mal au ventre.

Un dernier coucher de soleil sur le mausolée et demain départ pour le Rajasthan, terre de désert et de désir pour de nombreux Raj (roi) et empereurs de passage. Mais lorsque nous arrivons à Jaipur, la ville rose, c’est une grosse déception. Car il n’y a ni femmes nues sur les dromadaires, ni bataille d’éléphants dans les rues, même pas de petite partouzes rajastanesques comme à l’époque.

Non, tout cela, c’est du passé. Le seul rescapé de cette bonne vieille époque, c’est le contraste permanent de la luxure, qui règne dans ces forts et la pauvreté de la population qui vit à son seuil. C’est affligeant !

Notre ligne de conduite pendant notre séjour dans le Rajhastan restera désormais la même, le matin transport pour nous rendre à l’étape suivante, l’après midi visite de la ville, de son fort ou de son palais ou des deux et le lendemain, recherche d’un coin baignade.

Donc après JAIPUR, sa ville fortifiée, son fort, sa piscine et son bruit, direction BUNDI, plus petite et surtout bien plus calme, où nous séjournerons dans une petite guest house familiale, un palais mais pas de piscine. Qu’à cela ne tienne, il nous faut de l’eau et il existe à une quarantaine de kilomètres, des cascades où nous décidons de nous rendre en Auto-rickshaw. Je peux vous dire qu’une heure dans ce type de véhicule, c’est long et fatiguant et nous espérons sans trop y croire ne pas avoir fait le voyage pour rien. Autour de nous, le désert et rien ne présage ce que nous allons finalement découvrir ; Une oasis de fraîcheur au milieu de ce paysage aride où nous allons pouvoir passer l’après midi.

 

Agnès, dans son maillot bleu à pois roses, affolera une poignée de jeunes indiens installés sur l’autre rive mais qui, par diverses manoeuvres d’approche plus ou moins discrètes, se retrouveront à moins de 3 mètres de nous afin de voir de plus près les fameux points roses. Devant tant d’ insistance, Jordan et moi décidons d’exposer nos corps à leurs vues, tout en cachant celui d’Agnès et la tactique s’avère payante car ils ont l’air tout de suite, moins intéressés par nos maillots et quitteront les lieux quelques minutes plus tard.

Voilà, après cette pose fraicheur, retour à BUNDI où après une bonne nuit salvatrice, nous prendrons la direction de la ville blanche d’UDAIPHUR que nous atteindrons après 7 h de …, après une visite de la… et de son magnifique… , nous irons où le lendemain ? Ben à la … !! (A vous de complétez avec le mots suivants : bus, ville, palais, piscine)

Je vous avoue, que je commence un peu à me lasser, des visites de palais et de forts sous cette chaleur, de cette cuisine, pas toujours au top car la saison est terminée et que les cuisiniers sont partis en congé. Je dois l’avouer, à ce moment du voyage, je pense de plus en plus au retour, j’ai un peu l’impression, de me retrouver dans un jour sans fin, les jours se suivent et se ressemblent et pour la première fois depuis le début de notre tour du monde, une routine s’installe. Je pense que comme moi, Margot aurai eu beaucoup de mal à trouver sa place ici, mais nous pensons beaucoup à elle et nous l’appelons régulièrement pour qu’elle puisse, elle aussi, participer à la fin de notre tour du monde. Quant à Agnès et Jordan, ils vont plutôt biens et s’adaptent bien plus facilement que moi à la situation.

Nous avons tout de même hâte de quitter le Rajhastan pour, dans un premier temps, rejoindre la capitale NEW DELHI, mais surtout descendre vers le sud de l’Inde pour rejoindre GOA et ses plages mais ça c’est une autre histoire que nous tacherons de vous raconter au plus vite.

 

Messages personnels :

Nous souhaitons un joyeux anniversaire à ma maman adorée, que je suis pressée de serrer fort dans mes bras. Bisous ma moumoune.

Sans oublier, l’anniversaire de ma marraine qui est toujours aussi loin de mes yeux mais toujours aussi chère à mon coeur. Gros bisous

Bon anniversaire à Monique (Maman de ma chère Coco) ainsi qu’à Adam, Jeannette Bénit que nous embrassons.

Bon anniversaire à Adam mon filleul, et à Galou mon ancien colloc !

 

Greg.

TREMBLEMENT DE COEUR

(Du 30 Mars au 17 Avril 2015)

Alors que je donnais un peu de répit aux deux plumes habituelles, en écrivant ce nouvel article, c’est avec stupeur que j’ai appris une triste nouvelle ce matin, tous ces morts, ces paysages, ces temples et ces maisons en ruines. Je me sens, moi aussi dévasté, que faire, à part être de tout coeur avec eux. « Un tremblement de coeur ».

My name is Frédéric, Frédo pour les intimes, ami proche de la famille Desruelle depuis 15 ans, je cours avec Greg, sur des trails alors forcément, ça crée des liens très forts. On s’était donné rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, non, non pas du tout, c’était dans dix mois à Katmandu. Depuis mon adolescence, je rêvais de l’Himalaya, du Tibet, du Népal et leur voyage me donnait enfin l’occasion de réaliser ce rêve, alors dès que j’ai su qu’il passait au Népal, aucune hésitation.

Après une semaine de folie, finir mon boulot en cours, boucler mon sac, ne rien oublier dans la précipitation, ne pas rater l’avion, même si j’ai réussi à perdre mes billets dans Roissy, faillit rater ma correspondance à Delhi et me faire dynamiter mon sac au terminal de Katmandu, me voilà enfin à l’hôtel où je vais pouvoir me reposer un peu en attendant leur arrivée dans deux jours. Visite de la ville, des temples, des temples, des temples, des maisons de bric et de broc, surtout de briques. Dégustation des mets locaux dont notamment les fameux momos, de succulents raviolis népalais. Mon anglais est mis à rude épreuve; Where is Brian ? je ne l’ai pas trouvé, il n’était pas dans la kitchen.

Impatient de les retrouver, je tourne en rond dans ma chambre d’hôtel. Ah ! Un taxi, non merde ce n’est pas eux, un autre, non toujours pas remerde, enfin 23 h 30, ils sont là et à l’heure en plus. Je me retient de courir les rejoindre dans l’escalier, on a vite fait de passer pour un sentimental, mais mon énervement trahi le manque qu’ils m’ont causé. Je descends leur ouvrir la porte de l’hôtel, le réceptionniste dort comme un bon, ou comme un bonze pour faire local. Enfin, les retrouvailles : Effusions de bisous et d’embrassades. Nous nous installons dans le salon avec une bouteille de rouge et deux morceaux de fromage rapportés du jura, nous discutons jusqu’à plus d’heure, ils me racontent une centaine d’anecdotes sur les milliers qu’ils ont en stock, je leur donne des nouvelles de tout le monde puis nous allons nous coucher.

Après une bonne nuit, ballade dans Thamel, quartier touristique de Katmandu, on s’installe au restaurant, on commande des bières belges, Agnès s’absente sous prétexte gastrique et revient dans le dos de Jordan avec une surprise de taille, Fantine ! ET oui, elle est venue nous rejoindre sans en parler à Jordan, qui reste scotché, la mâchoire par terre, les bras ballants, les yeux dans le vide ; Un bug, plus de son, plus d’image, il lui faudra plusieurs secondes pour se remettre de ses émotions. Nous voici cinq pour notre trek. 

Le lendemain, départ en bus pour Pokhara, ville étape qui nous permettra de rejoindre le point de départ de notre trek : l’Annapurna base camp. Sept heures de bus plus tard, nous arrivons enfin, secoués, bringuebalés dans tous les sens, mais entiers. Visite de pokhara, achats des derniers équipements et location des duvets dans le quartier que nous avons renommé « Chamonix ». Les Permis de trek en poche, nous sommes fin prêts pour l’aventure, un bon resto, quelques bières et une bonne nuit là-dessus.

Jour 1 : de Nayapul à Ulleri (1960m) via Poon Hill (3200m) :  

Vingt kilomètres et 2 heures de taxi plus tard, nous y voici, deux checks points et nous attaquons la montée dans un paysage presque alpin, mis à part la végétation luxuriante, faite de rhododendrons en fleurs rouge et rose qui illuminent les versants et la hauteur des montagnes qui peuvent donner le vertige. Nous marchons d’un bon pas, les sacs ne sont pas trop lourds, les chemins bien tracés, des ponts de singe nous permettent de traverser les torrents, de belles marches en pierres nous aident à gravir ces montagnes toujours plus raides les unes que les autres.

Cinq heures de marche et 1300 mètres de dénivelé plus tard, nous apercevons le village où nous ferons étape pour notre première nuit. Jordan et Fantine s’occuperont avec brio de la négociation du prix du gite et du couvert, nous continuons l’entraînement en descendant deux Everests (la bière locale) en jouant au tarot en attendant notre « Dal Bat » (plat local servi à volonté, au plus grand bonheur de Fantine pour la quantité de légumes et la quantité tout court pour Jordan).

Jour 2 : de Ulleri (1960m) à Tadapani (2590m) via Poon hill (3200m) :

Ce matin, direction Poon Hill afin de découvrir l’un des plus beaux points de vues sur les Annapurnas. Ca monte toujours, des marches et des marches à perte de vue, c’est la highway to Hill. Au bout de notre effort nous découvrons l’Annapurna dans le brouillard, la majestueuse montagne se joue de nous, elle ne se dévoile que par petit bout, comme pour mieux nous donner envie d’elle, salope !!! 

Plus loin, nous passons les 3000 mètres, sous la neige, qui commence à tourbillonner en gros flocons, nous croiserons quelques touristes chinois frigorifiés simplement vêtus, en short et tee-shirt, juste couvert d’un poncho en plastique, ce qui nous fait apprécier nos vestes en Gore Tex. En redescendant, nos passons dans des gorges magnifiques avec, au fond, un torrent sauvage et une jungle épaisse.

La pluie nous accompagnera jusqu’au refuge où nous arriverons glacés et trempés comme des linges. Installés et changés, nous nous blottissons autour du pauvre poêle à bois, beaucoup trop petit pour que tout le monde se réchauffe, surtout qu’un petit gros, assis sur sa chaise, en train de regarder la télé volume à fond, n’a pas envie de se bouger le C… Le volume de la télé devenu supportable, je demande du bois pour l’autre poêle qui trône au milieu de la pièce. Comment dit-on bûche en anglais ? Père Noël cake ! Pas sur. Bon enfin, le poêle ronfle et chauffe la pièce en un temps record, ce qui permettra à tout le monde de faire sécher ses vêtements et de se réchauffer le corps et l’âme.

Jour 3 et 4, de Tadapani (2590m) à Deurali (3100m) : Le soleil radieux du matin nous met en joie et efface la pluie d’hier, ce qui est plus facile pour faire des photos, trop peut-être, Greg fait des portraits de tous les népalais qu’il voit. Je pense qu’avec sa carte mémoire, on peut faire le recensement de toute la région. Au détour d’un chemin, nous nous retrouvons nez à nez avec le yéti, non en fait, un singe de deux mètres cinquante, enfin deux mètres, bon un mètre ! Oui, mais ça fait grand pour un singe ! Bon de toutes façons, il a eu peur, il a détalé comme un lapin. Et moi j’ai pas eu peur, même pas vrai.

Au début du quatrième jour, nos organismes commencent à fatiguer mais nous continuons notre ascension vers le camp de base de l’Annapurna sans trop de problème, nous nous sommes calés sur la météo, beau temps jusqu’à 14 h et ensuite pluie pendant deux à trois heures. La portion de trek entre Sinuwa et Deurali à fini d’entamer les forces d’Agnès, malgré une volonté de fer et un engagement total, mal au ventre et à la tête auront raison de son courage, en l’obligeant à garder le lit une bonne journée au lieu de faire l’ascension finale jusqu’au camp de base. Nous revoyons nos plans et décidons de dormir au camp de base Fantine, Jordan et moi, Greg fera l’aller-retour pour retrouver Agnès à Deurali.

Jour 5 de Deurali (3100) à Dohan (1100m) via ABC (4130m) :

Nous entamons l’ascension vers 6 h 30 dans un froid glacial, Greg part comme un népalais, peine perdue, les permis de trek sont dans le sac d’Agnès. Jordan fait un aller-retour, bon ça va, on n’avait fait que cent mètres. 2h45 et 1000 mètres de dénivelé plus tard, nous sommes au camp de base, quelques photos, un mini Molki et Greg repart rejoindre sa belle. Il fera la descente en courant, le « Dawa Desruelle », 1h15 après son départ il arrive à Deurali, ah ! l’amour !

Partis à cinq, nous ne voilà plus que trois, un petit molki avec les népalais très intrigués par ce jeu. Nous buvons une bière pour célébrer ça, même si la fête et un peu gâchée. Sans nous concerter, juste du regard, le fond de l’œil qui ne brille pas, nous sommes inquiets pour la santé d’Agnès, Jordan veut retrouver sa maman, en route donc vers Deurali, non sans avoir admiré l’immensité des montagnes. Personne à notre arrivée à Deurali ; Bonne nouvelle, ils sont descendus, signe de bonne santé. Nous continuons et si nous ne les trouvons pas aujourd’hui nous les rattraperons demain. Dernier village avant la nuit, il est temps de nous arrêter. Le chapeau de Greg, posé sur une chaise, ouf ! Ils sont là et en forme, Agnès va mieux, il fallait qu’elle coule un bonze et le repos lui a fait du bien. Un grand coup de chapeau à Fantine qui n’a pas faiblit dans cette journée marathon. Après l’Annapurna, on va encore descendre quelques Everest pour fêter nos retrouvailles.

Jour 6 et 7, de Dohan (2500m) à Phedi (1100m)

Une très grosse journée de marche, avec un détour aux sources d’eaux chaudes, pour ne découvrir que trois pauvres bassins surpeuplés. Jordan et moi décidons de nous baigner, enfin de nous tremper plutôt, vu la place restante, après un détour par la rivière à 2 ou 3°, ce qui nous permettra d’apprécier les 32°de notre bain.

Le treck se finira sans embûche après 110 Km et presque 7000 M de dénivelés positifs et nous terminons notre aventure par une grosse embrassade arrivée à Pedhi, fourbus mais heureux. Bon ! Deux Everest pour fêter ça en compagnie de Simone et ses copines, qui veulent nous vendre des colliers et des bracelets locaux.

Le retour à Pokhara se fera en bus local, vraiment très local et de retour à l’hôtel, nous nous reposerons, et profiterons de la ville et de ses restaurants pour refaire le plein d’énergie. Jordan et moi profitons de l’occasion pour aller chez le barbier, nous faire raser la couenne, je me fais masser le cuir chevelu et les épaules et lorsque j’ouvre les yeux, je découvre à coté de moi, un gamin de seize ans, ressemblant à Jordan. Quand Greg revient, le barbier a vraiment très envie de le raser et de lui couper les cheveux, ce qu’il refuse catégoriquement, bien que le barbier le rassure en lui disant qu’il est aussi toiletteur.

Une visite des alentours de la ville en VTT, une baignade à poil dans une rivière avec les buffles profitant de l’eau claire et fraîche, une visite au musée de l’alpinisme et c’est le départ en direction du Chitwan.

Quatre heures de bus climatisé (facile), nous permettrons de rejoindre le sud du Népal. Changement de climat, 35 °, pas de vent, après les nuits fraîches de l’Annapurna, difficile de dormir. Nous faisons un safari dans la jungle à pied, nous apercevons un rhinocéros endormi ou peut-être, attaché à un arbre, je ne veux pas aller vérifier, un singe mais pas de tigre, tant mieux ! Le lendemain, petite ballade à dos d’éléphant, très sympathique, un peu secoué, nous admirons un rhinocéros, pas du tout dérangé par notre présence et quelques biches plus farouches.

Retour à Katmandu où nous devrions normalement mettre quatre heures de bus sur une grande route, tranquille mais nous sommes le 13 avril, la veille du jour de l’an népalais, c’est l’exode, beaucoup de personnes sont dans les bus pour rentrer chez eux à et nous mettrons finalement plus de huit heures pour arriver à Katmandu.

Le lendemain, nous nous réveillerons presque tous centenaire car nous sommes en l’année 2072 du calendrier Népalais, je fais la connaissance de Mia, une amie croisée plusieurs fois pendant leur tour du monde. Ensemble, nous abusons des boutiques de souvenirs et surtout des restaurants, Jordan le gourmand, commande un banana split. On lui sert une banane frite, coupée en morceaux, toute seule, au milieu de l’assiette. Déçu, il explique au serveur comment on mange ce dessert en Europe. Pas contrariant le népalais, il revient avec la banane et une dizaine de glaçons tout autour ! Ice ou ice cream ? 

Et voila, comme toutes les bonnes choses ont une fin, les mauvaises aussi, mais ça on en parle moins. Il faut que je rentre chez moi, il y a des gens qui m’attendent. Je vais aussi quitter la petite famille Desruelle pour mieux les retrouver une fois leur tour du monde accompli, faire un tour sur soi-même, cela s’appelle, une révolution ! Je repars du Népal, détendu, heureux, amoureux de la population népalaise, des gens aussi souriant, joyeux, des enfants avec un regard tellement brillant, malgré le dénuement dans lequel ils vivent. Une belle leçon, pour nous occidentaux qui n’avons jamais assez et ne sommes jamais satisfaits.   

Fredo

Quant à nous, nous repartons dans quelques jours direction l’Inde, mais ça c’est une autre histoire qui risque de faire mal au ventre et que nous sommes en train de vivre actuellement.

Messages personnels :

Nous souhaitons un super joyeux anniversaire à notre Coco d’amour, qui nous manque énormément et qui n’oubliera pas nos 2 verres pour arroser cet événement. Gros bisous ma chérie, nos coeurs sont près de toi.

Un super joyeux anniversaire à notre Fredo, qui a partagé avec nous, ce Népal si magnifique. Gros bisous.

Pour finir nous ajoutons une galerie photos de tout ces gens si beaux que nous avons rencontré lors de ce périple, j’espère que toute ces personnes rencontrés vont bien. Toutes nos pensées au Népal une fois de plus :

FUME, C’EST DU CHINOIS !

(Du 22 Mars au 30 Mars 2015)

– Eh merde ! Y’a un indien qui s’est endormi sur moi dans le bus, j’ai déjà du mal à écrire cet article !

– Et remerde ! Y’a son tilak  (vous savez, leur point rouge) qui est en train de me couler dessus… Putain mon nouveau tee-shirt, acheté en Chine, va être niqué. Et fait chier, je deviens vulgaire, je vais plutôt écrire.

Il était une fois la Chine : Nous passons un temps fou, à traverser cet immense pays et, malgré le confort et la sécurité, qui laissent parfois à désirer, c’est toujours réconfortant d’arriver à destination. Celle du jour, c’est la ville de Kunming où, un loft dans une auberge de jeunesse, loué par Prince Greg, nous attend. Après avoir pris successivement : Bus (3h) – Train (10h) – Avion (2h) – Métro (45mn) – Taxi (20mn) – et bien-sur, nos pieds en grande quantité, nous nous offrons, notre cocktail de bienvenue. A peine notre verre finit, nous replongeons dans notre dynamique de voyage ; Il nous faut réserver un bus pour rejoindre les terrasses du Yuanyang. Et, alors que nous nous décidons enfin à aller pratiquer le mandarin à la gare pour récupérer nos billets, nous nous apercevons que notre hôtel gère les réservation de bus et de train. Changement de programme : Cet après-midi ce sera ;  jefourienunverrealamain.

Nous ne déballerons pas trop nos affaires dans le superloft car le lendemain, nous repartons déjà vers le sud et la ville de Xinjie. Porte d’entrée des rizières en terrasses du Yuanyang, c’est aussi l’endroit où nous avions rencardé un chauffeur afin de nous rendre à l’hôtel. Mais au bout de huit heures de trajet, lorsque nous descendons du bus, nous nous apercevons que nous nous trouvons finalement à Duoyishu où se trouve notre hôtel. Un chauffeur est donc en train de nous d’attendre depuis une heure pour rien… C’est, forcement gênés, que nous nous approchons de la réception pour nous annoncer. Et ce sera un sourire qui nous accueillera, que c’est agréable ! Tout comme le sera l’accueil dans ce village où se côtoient buffles, cochons de Chine, et sourires d’enfants. Quant au programme pour ces 2 jours, il se résume à la contemplation du lever du soleil et du coucher sur les rizières, entrecoupée bien-sur de bonnes ballades.

Le premier matin, c’est la désillusion totale ! Impossible de voir quoi que ce soit. Le brouillard est bien trop épais, toute visibilité semble impossible. J’ai l’impression de me trouver dans mon cerveau brumeux, un lendemain de fête. Et puisque les rizière ne se montrent pas, nous engagerons la discussion avec les seules personnes présentes : Marie et Loic, globes-trotteurs par intermittence. Greg est bavard en cette matinée, et dans la discussion il leur demande ce qu’ils étudient. La question sembla vexante pour ces trentenaires, dans la vie active depuis quelques années puisqu’ils lui demanderont , depuis combien de temps celui-ci est à la retraite.

Malgré cet accro, qui faillit en venir aux mains (vous savez bien que mon père fait partie de ces gens qui résolvent tout par la violence), le reste de la journée se passera bien puisque nous déciderons de faire une ballade ensemble dans les rizières accompagnés de deux autres baroudeurs de longues dates, Cécile et Claude, rencontrés la veille et tout aussi sympathiques. Oh ! il y aura bien quelques grosse engueulades (pour la direction à prendre) mais rien n’entachera notre bonne humeur journalière. Ni le brouillard, qui ne nous laissera pas apercevoir grand chose, ni les petites vannes que nous nous ferons (pousser son voisin dans une rizière, tirer la queue d’un buffle et se barrer en courant, etc…), ni même le coucher de soleil, aussi décevant que le lever.

La fin de cette ballade sera, non pas fêtée autour d’un sanglier comme dans nos si chères traditions mais autour d’un canard dont rêvait Marie et Loïc depuis quelques jours et que nous essayerons, à l’image de nos ancêtres gaulois, de chasser nous mêmes. Nous essayerons au cours de cette journée, plusieurs stratégies mais nous privilégieront la dernière :

1. Division : On se sépare afin d’entourer la rizière et l’animal dans le but de lui sauter dessus chacun notre tour.

  • Avantages : Plusieurs chances de l’attraper, fierté collective, cohérence de groupe.
  • Inconvénients : Un grand manque de finesse dans cette stratégie, être trempés et sentir le basmati.
  • Bilan : Le canard s’est envolé, nous ferons riz blanc.

2. Infiltration : On ne fait qu’un avec la nature, on se met des pousses de riz sur la tête, et on utilise une sarbacane tuba en bambou afin d’atteindre l’animal.

  • Avantages : L’immersion est simple car nous somme déjà mouillés, les sangsues, sur notre peau, seront parfaites pour l’apéro.
  • Inconvénients : Vouloir tuer un canard avec une sarbacane en bambou remplit d’eau, c’est aussi efficace que de braquer une banque avec un pistolet à eau.
  • Bilan : Ma mère s’est presque noyée quand un martin pêcheur s’est posé sur son tuba bambou.

3. Délégation : On se consulte, nous avons faim et nous avons perdu quelques plumes dans les stratégies journalières. On demande à notre hôte de nous préparer un canard.

  • Avantages : Nous sommes propres et on peut boire de la bière en attendant le canard.
  • Inconvénients : La fierté du chasseur a disparu, le prix du repas va considérablement augmenter
  • Bilan : Ni magret, ni cuisse, on ne mangera que les parties dont raffolent les chinois : os, bec ou encore les pattes. Heureusement nous avions au moins réussi à attraper les canetons, moins vifs que leur mère. Avec deux boules vanille, c’est succulent.

Nous avons une dernière chance afin de voir un lever de soleil digne de ce nom. Ce matin-là, pas de brouillard certes, mais pas de couleurs fantastiques, non plus. Alors on ne traîne pas, car cette fois nous ne ferons pas faux-bond au chauffeur. Ce dernier nous emmènera à la station de bus où nous attend toute la panoplie de transports que l’on aime tant (taxi-bus-train de nuit-bus) et qui nous amèneront à 600 km au nord.

Passage obligatoire pour rejoindre notre trek. La vieille ville de Lijang est bien charmante (bien que très touristique), tant par son architecture que par ses ruelles et ses ruisseaux. C’est un peu une Venise chinoise où se croise, amoureux, jeunes modèles en plein shooting, et bien sur masse de touristes. Le tout, sur un fond de Djembe incessant. Et quand la nuit tombe, cela devient alors impossible de se frayer un passage tant la foule est compacte. Mais cela ne nous effraye guère, car ça fait deux semaines que nous pratiquons le foule-crossing en Chine. Et pour ma part, quand il s’agit de manger, rien n’est insurmontable. D’ailleurs nous reviendrons deux soirs, pour profiter des stands de nourritures variées et délicieuses où tout se négocie, de la portion de riz au simple nem.

C’est peut être en prévision des deux jours de treks à venir que nous mangerons tant à Lijang. Nous pensions en effet, qu’un grand besoin d’énergie serait nécessaire pour cette petite préparation Anapurnienne. Mais non, ce trek n’était, tout au plus qu’une ballade de santé dans le parc de l’orge. Bien sur, il y a le paysage en plus car cet itinéraire suit le haut d’une gorge et permet d’admirer cascades, relief fantastique, ou encore sommets enneigés. Mais tout de même, notre fameux guide nous le présentait comme difficile. Alors que je pense, que même Mamounette, après une bouteille de rosé est capable de boucler ce trek en une journée !

La belle surprise de ce trek restera la flore variée, à l’image des différentes variétés de cannabis qui poussent tout le long du sentier. Les locaux, qui vendent de l’eau et des barres céréales, on bien sur saisit l’opportunité, en ajoutant à leurs stands, des sachets d’herbes. Et c’est mon père, d’habitude si moralisateur lorsqu’on parle de drogue, qui nous surprendra, en nous soumettant l’idée de fumer quelques joints afin de rendre le trek un peu plus difficile. Mais forcément, l’effet est puissant quand vous ne fumez pas, surtout en Altitude. Nous ralentirons donc considérablement notre allure jusqu’à la Guest House à cause de ma mère. Car celle-ci, en plus de se prendre pour une limace,  s’arrêtera tous les deux mètres, pour porter un caillou et crier « Je suis un escargot ». Quant à mon père, il s’éclipsera après avoir fumé. Nous le retrouverons plus tard, nu sur un rocher, tentant de communiquer avec des chèvres. La drogue et lui ne font pas belle affaire car si nous l’avions déjà dans le passé retrouvé nu dans la rue, il n’y avait alors rien d’inquiétant. Se prendre pour Birdy, c’est une chose, parler aux animaux, en est une autre.

Le soir, nous retrouverons dans notre Guest house, tout le petit monde déjà croisé dans la journée. Et le réflexe est le même pour chaque arrivant : Commander une bière et rouler un joint. Mais avec la mauvaise expérience due aux psychotropes pendant cette journée, nous resterons à la bière. Quand à notre repas, nous le partagerons avec deux trekkeuses sympathiques et françaises, évidemment, sinon nous n’aurions pas pu bavarder.

Le deuxième jour sera fait d’une descente jusqu’aux gorges, d’une échelle de 30 mètres sans sécurité, d’une arnaque, d’une prise de tête, d’une remontée de la gorge en se faisant la gueule, d’un bus jusqu’à Lijang, d’une rencontre avec un nouveau français (Salut Price) puis d’un train de nuit, jusqu’à la capitale du Yunan

De retour sur Kunming, nous nous mettons en quête afin de bien finir notre séjour en Chine. Il y a donc trois choses à faire pour y parvenir :

1. Aller chercher de beaux produits à carrefour, afin de fêter dignement notre départ.
2. Goûter le plat de la région, à savoir les nouilles qui traversent le pont.
3. Démontrer à l’hôtel, la supériorité des français sur le ping-pong mondial.

Le premier de nos objectifs est rempli plus que facilement puisque nous nous sentons vraiment à l’aise dans ce grand carrefour (où ils vendent des tortues au rayon poissonnerie!!!). En moins de 10 minutes, nous sommes devant la caisse, carte de fidélité à la main et avec des produits, tout sauf chinois.

Le second objectif moins évident, notre chinois ne s’étant pas amélioré, nous fait parcourir toute la ville. Et alors que nous perdons espoir et que nous prenons le chemin du retour, on nous donne enfin une direction. Nous redemandons à un commerçant pour savoir si nous sommes toujours sur le bon chemin : Oui ! Et de boutiques en boutiques on nous donne toujours la même direction qui nous mène … à notre hôtel… Ce n’est pas une erreur, le restaurant voisin, sert des nouilles qui traversent le pont. Nous venons de gâcher deux heures.

Il ne reste plus qu’une chose à faire pour parfaire notre séjour. Vaincre un chinois au ping-pong. Mais le combat s’annonce mal ! J’ai, en effet, avec tous ces produits carrefour dans le sang, oublié avec quelle main je joue d’habitude. En plus de ça, j’ai un mal de ventre phénoménal dû aux fameuses nouilles qui, vu le goût, ont dû tomber par terre en traversant le fameux pont. Je me vois donc déjà perdant. Mais à la grande surprise de tout le monde, je bas le local, surement aidé par cette envie furieuse d’aller aux toilettes qui ne me fît pas traverser le pont à toute vitesse, mais bien l’hôtel.

Mes parents, eux, n’ont rien suivi de  l’histoire. Car pendant que la foule contemplait le match du siècle, mes parents étaient trop occupés à essayer de rouler des joints et à se mettre des fleurs dans les cheveux. Je crois que mes parents sont accros au cannabis depuis notre trek. Pourvu que ça s’arrange à Katmandou mais ça c’est une autre histoire que notre ami Fredo vous racontera prochainement.

Messages personnels :

Nous souhaitons un super joyeux anniversaire à notre petit amour, Louka, qui fête ses 3 ans (sans son patitou et sa manoune qui l’ont abandonné depuis 1 an !!) Gros bisous d’amour.

Bon anniversaire à Myriam et Murielle, gros bisous à vous 2. Sans oublier Marie, la voyageuse,  et Audrey. G que nous embrassons très fort.

Une énorme pensée pour tout le peuple Népalais qui nous a si bien accueilli et qui malgré leur dévotion et leur gentillesse n’ont pas été épargné par les dieux.

 

Jordan.